•      Lorsque Harry sortit enfin de chez Gringotts, il se sentait mal. Les yeux dans le vague, une terrible envie de vomir et un mal de ventre frappant étaient au rendez-vous, et le tout mélangé à un besoin maladif d'air, voici comment tomber malade en toute facilité. Mais pour Hagrid, ça avait l'air d'être bien pire, alors le garçon préféra s'abstenir de tout commentaire, et se contenta de rajuster ses lunettes sur son nez avant de prendre bien soin de cacher sa cicatrice. S'il était connu à cause d'elle, il préférait que personne ne la remarque. Ainsi, il serait considéré comme un garçon normal, et pas comme le Survivant à un Mage Noir dont il ne savait rien à part le nom et le fait qu'il avait assassiné ses parents. Ce qui lui suffisait déjà pour savoir que s'il venait à le recroiser un jour... Il serait prêt... Il le tuerai... Il se débarrasserai de lui une bonne fois pour toute.

    Hagrid lui fit signe de commencer ses achats seul, lui voulait aller prendre un remontant au Chaudron Baveur. Harry acquiesça mollement, et entra dans la boutique de vêtements indiquée par Hagrid, qui semblait, selon le nom, appartenir à une certaine Madame Guipure.

    - Alors, mon petit, c'est pour Poudlard, je suppose ? Entre donc, il y a déjà un autre garçon qui fait des essayages là-bas.

    Et elle le conduisit dans l'arrière-boutique sans que Harry ait eu le temps de dire un mot. En effet, un jeune garçon qui devait lui aussi avoir onze ans était en train d'essayer son uniforme de Poudlard. Harry prit une seconde pour le détailler. Ses cheveux d'un blond proche du blanc étaient coiffés d'une telle façon que Harry se dit qu'il devait abuser du gel pour les cheveux. Mais malgré ce détail, il restait extrêmement beau, tout particulièrement pour ses traits fins et aristocratiques. (Non, c'est pas du parti pris)

    - Salut, dit-il en voyant que Harry l'observait avec intérêt. Toi aussi, tu vas à Poudlard ?

    - Oui, répondit Harry.

    - Oh, je vois. Tu envisages d'aller dans quelle maison ?

    - Maison ?

    - Tu ne sais pas ce que c'est ? Mais, tes parents, ils sont...

    - Morts, compléta sombrement Harry. J'étais tout petit. A peine un an.

    - Ah, désolé, je ne savais pas. Mais je voulais dire, ils étaient de notre monde, n'est-ce pas ?

    - Si c'est ce que tu veux dire, c'étaient des sorciers tous les deux. Pourquoi ?

    - Juste pour savoir, répondit l'autre d'une voix traînante.

    - Les tiens doivent être des sorciers, devina Harry. N'est-ce pas ?

    - Oui. Je descend d'une famille composée uniquement de sorciers. Je ne crois pas que nous ayons la moindre goutte de sang Moldu dans les veines, et c'est une bonne chose, d'ailleurs. Je ne peux pas supporter les Moldus.

    Harry, qui n'avait connu que les Dursley comme Moldus, se sentait bien forcé d'admettre qu'il était parfaitement en accord avec l'autre garçon. Vernon et Pétunia Dursley, son oncle et sa tante, étaient sans aucun doute les  personnes les plus abominables qu'on pouvait rencontrer. Et quant à son cousin, Dudley, il fallait le voir pour le croire, que ce soit pour sa bêtise, ou sa taille : la tante Pétunia disait qu'il avait l'air d'un chérubin, Harry trouvait Dudley plus proche d'un porc avec une perruque qu'autre chose.

    - Alors, c'est quoi, cette histoire de maisons ?

    - Et bien, à Poudlard, il y a quatre maisons. Gryffondor, Poufsouffle, Serdaigle, et Serpentard. Moi, je voudrais aller à Serpentard, et j'ai mes chances car toute ma famille... Enfin, presque...

    - Presque ?

    - L'un des cousins de ma mère était à Gryffondor. Mais ça ne lui a pas réussi puisque maintenant, il est à Azkaban. La prison de sorciers. Mais bon, de toute façon, c'est évident que Serpentard est la meilleure. Et le directeur de la maison est un ami de mon père. Alors je te laisse deviner que j'ai des intérêts, si j'y vais.

    - Mais, comment fais-tu pour savoir... Comment ils répartissent ? s'intéressa Harry.

    - Ça se fait selon notre personnalité. Si j'en crois ce qu'on dit, Gryffondor prend les plus courageux, Serdaigle, les intelligents, Serpentard, les rusés, et aussi... Ceux qui veulent faire leurs preuves. Et pour finir, Poufsouffle prend le reste. C'est une vraie déchetterie, cette Maison.

    Au même moment, la porte s'ouvrit à la volée, et une fille aux cheveux châtain clair entra dans la boutique.

    - Bonjour, madame, lança-t-elle d'un ton poli. Il me faudrait un uniforme. Pour Poudlard.

    Quelques secondes plus tard à peine, elle se trouvait debout sur un tabouret, en train de se faire mesurer par Madame Guipure.

    - J'ai entendu parler d'une rumeur au sujet des maisons de Poudlard, commenta-t-elle. Je suis d'accord pour dire que Poufsouffle est une réelle poubelle, c'est la honte de Poudlard... Enfin quoique, la plus grosse honte, ça reste Dumbledore. Ce vieux cinglé dégénéré, à la tête de Poudlard... Non mais quelle horreur...

    Harry la regarda d'un drôle d'air. Ce n'était pas du tout le genre de discours que Hagrid lui avait rapporté par rapport à Dumbledore. En revanche, le garçon aux cheveux blonds semblait captivé par ce que la fille venait de dire.

    - On m'a dit que Dumbledore était un grand directeur, lança Harry. Le meilleur que Poudlard ait connu.

    - Qui t'a raconté cette connerie ? demanda la fille sur un ton de défi. Albus Dumbledore est avant toute chose un vieux timbré tombé d'on ne sait où. Je ne lui fait pas confiance. Mais bon, étant donné que Durmstrang et Beauxbâtons ne me tentaient pas et que l'Académie de Salem était bien trop loin... J'ai pas eu le choix... Me voici partie pour Poudlard, alors que je ne peux pas supporter le dirlo... C'est malin. Mais bon, au moins, y'a la répartition, ici, c'est l'avantage ! Et à partir de la 3ème année, on pourra aller à Pré-au-Lard, le rêve ! Vous voulez aller où ? Moi, j'espère sérieusement aller à Serpentard, c'est sans aucun doute la meilleure. Gryffondor ne me plaît pas. C'est beaucoup trop au centre du tableau... Moi, je veux faire mes preuves, pas être ultra-connue dès mon arrivée... Ça me fait penser à Harry Potter... Le pauvre, ça doit craindre pour lui... J'aimerais bien le connaître.

    Harry retint un sourire. D'un côté, il avait bien envie de remonter ses pointes noires pour désigner sa cicatrice, mais de l'autre, cette couverture de sorcier normal l'amusait.

    - Ah, au fait, j'ai oublié de me présenter, je suis trop bête. Eden Turner. (Non, c'est pas à cause de Will Turner, pas du tout...) Et vous ?

    - Mon nom est Malfoy. Draco Malfoy, répondit le blond, et Harry ne put s'empêcher de penser à James Bond.

    - Et moi c'est... commença Harry, mais il fut interrompu par l'arrivée d'une femme aux cheveux blonds et au teint diaphane, qui semblait être de la famille de Draco.

    - C'est ma mère, annonça Draco. Elle était allée me chercher une baguette magique à côté. Bon, je dois y aller, désolé. On se revoit à Poudlard ?

    Et il partit rejoindre sa mère, après avoir payé la costumière. Après qu'il fut sorti, Eden se tourna vers Harry intérêt.

    - Une baguette magique, dit-elle. Tu en as déjà une ?

    Harry fit non de la tête.

    - Oh, c'est super ! Moi non plus, je n'en n'ai pas encore. Tu voudras que j'aille chercher la mienne avec toi ?

    - Oui, d'accord !

    Quelques instants plus tard, Harry et Eden avançaient dans les rues bondées du Chemin de Traverse.

    - Tu viens d'une famille de sorciers, toi ? se renseigna-t-il tout à coup.

    - Oui, je peux même t'assurer que je suis de Sang Pur. Mais bon, ça n'aide en rien pour les cours, hélas. Il y a des sorciers nés-Moldus incroyablement doués en magie, alors que certains Sang Pur...

    - Comment ça ?

    - Bah, y'a un type, Grégory Goyle, je crois, et bien, son premier signe magique lui a été fatal. Il avait foutu le feu à sa chambre alors qu'il avait quatre ans, et ses parents n'étaient pas là. Et il est mort, brûlé. Alors vraiment...

    Harry frémit d'horreur.

    - Hé, ça va ? Viens, on est presque arrivés chez Ollivander's. La meilleure boutique de baguette magique du monde, depuis -382 ! C'est pour dire !

    La meilleure boutique de baguette magique au monde ? Bon, là, il y avait deux possibilités : soit Eden était complètement folle (ça avait l'air vrai), soit les sorciers avaient un goût prononcé pour les endroits miteux. Néanmoins, en entrant, il sentit immédiatement une odeur de bois fraîchement coupé et de vieux parchemin... Et pour être honnête avec lui-même, il n'avait jamais ressenti une sensation aussi étrange et agréable à la fois.

    Deux autres filles étaient déjà dans la boutique, et étaient en train de regarder les baguettes magiques exposées un peu partout. Harry se sentit un peu mal à l'aise, mais Eden s'approcha d'elles avec un grand sourire.

    - Bonjour ! Vous aussi, vous allez à Poudlard ?

    - Salut, répondit l'une d'elles. Oui, on entre en première année, toutes les deux. Au faite, je suis Coralie Tsundea.

    - Et moi, c'est Marine Tsundea, continua l'autre. On est sœurs.

    - Moi c'est Eden Turner, enchantée !

    Harry s'était rapproché, comme un chat à moitié sauvage l'aurait fait devant un bol de lait, et au moment où il arriva au niveau du comptoir où étaient réunies les trois filles, un vieil homme - sans aucun doute Ollivander - fit irruption devant eux.

    - Je vois, dit-il. Miss Turner, je suppose ? Et vous deux, vous devez être Miss Tsundea ? Et... Oh, Mr Potter, je me demandais quand j'allais enfin vous voir !

    Tous les regards se tournèrent alors vers Harry. Les yeux noisette d'Eden étaient devenus tout ronds sous le choc, et Coralie et Marine avaient pris un air de stupéfaction polie.

    - Potter... Harry Potter ?


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