• Après la nuit magique qu'ils avaient tous passé, la première semaine de cours n'avait vraiment pas été de la rigolade, pour Harry comme pour les autres. Vraiment, devoir commencer immédiatement les cours, c'était obligatoire ? Ah oui. Dommage. Seule Hermione Granger paraissait s'habituer au rythme des cours, tous plus difficiles les uns que les autres.

    Il y eut tout d'abord les sortilèges, qui étaient enseignés par Flitwick, qui, pour être honnête, était de taille entre le nain de jardin et la petite souris. En lisant le nom de Harry quand il faisait l'appel, il était tombé à la renverse. Et l'exercice qu'il proposa à ses élèves avait eu beau être censé facile, Hermione fut la seule à le réussir du premier coup, voire même la seule à le réussir tout court.

    Le professeur McGonagall enseignait la métamorphose, et Harry eut tôt fait de comprendre pourquoi Amy détestait tant cette matière. Non seulement McGo' était extrêmement sévère (Une vieille chouette, celle-là ! s'était exclamé Ron à la fin du cours), mais en plus, elle ne semblait pas encline à faire des compliments à tout le monde. Sauf que cette fois-ci, Hermione dût partager sa gloire avec Marine, qui réussit aussi bien, voir mieux qu'elle, à changer son brin de paille en aiguille. McGonagall adressa même à Marine l'un de ses rares sourires.

    Les cours d'histoire de la magie étaient sans aucun doute les plus soporifiques que Harry ait jamais eu à suivre. Ils étaient donnés par Binns, le seul professeur fantôme de tout le collège, qui parlait sans cesse d'une voix monocorde. Et honnêtement, aucun être humain normal ne pouvait rester éveillé à son cours. Surtout pas Coralie, qui s'était mis Binns à dos dès le premier jour, en s'endormant ouvertement au bout de dix minutes.

    - Non, je dors très bien la nuit, avait-elle rétorqué lorsque Binns la réveilla. C'est juste que votre cours est tellement chiant, je me permets de m'endormir, c'est tout ! Après j'y peux rien moi, si vous êtes incapable de faire un cours potable, mais n'allez pas me faire de remarque, vieux débris ramolli qui vaut moins que Jun-con !

    Binns avait mal pris la remarque (bien que, en temps que vieux schnock qui se respecte, il n'avait rien compris à "Jun-con"), mais il se retrouva bien embêté lorsque Blaise Zabini déclara ouvertement que son cours était juste une grosse... Vous voyez le genre. La preuve que Binns était juste incapable de faire régner l'ordre dans sa propre classe, car ni Blaise, ni Coralie n'eurent le moindre problème. Ce qui résumait tout ce que Harry avait retenu de ce cours.

    Les cours de Défense Contre les Forces du Mal (en commun avec les Serdaigle) étaient très attendus, mais le premier cours de Quirrell tourna à la blague. Toute la pièce empestait l'ail, à cause d'un vampire que le professeur avait un jour rencontré et qu'il craignait de voir réapparaître. Il prétendait que son turban lui avait été offert par un roi africain pour le remercier d'avoir débarrassé son village d'un zombie, mais son histoire sonnait faux : Quirrell avait été tout à fait incapable de raconter comment il avait vaincu le zombie, et le turban lui aussi empestait. Selon Mélanie Orlando, une élève de Serdaigle particulièrement jolie, la chose était simple : il avait caché de l'ail sous son turban tant il avait la frousse du vampire.

    - D'un autre côté c'est compréhensible : les vampires sont des brutes, rien à voir avec les conneries qu'ils racontent dans Twilight !

    - Si seulement ça pouvait repousser Rogue, souhaita Marine, qui n'avait déjà aucune sympathie pour lui.

    - Qui sait ? répliqua Mélanie. J'ai eu affaire à lui hier, et j'ai vraiment l'impression que c'est un vampire, ce gars-là.

    Il y avait aussi les cours de Botanique. Coralie avait boudé au début car les cours étaient en commun avec les Poufsouffle, mais Harry apprit vite à apprécier les cours, qui étaient donnés par une sorcière très sympathique, le professeur Chourave. Ensuite, chaque mercredi, les élèves devaient observer les étoiles en cours d'Astronomie.

    Harry redoutait plus que tout les cours de potions, qui devaient avoir lieu le vendredi même. En plus, c'était un double cours avec les Gryffondor.

    - Je vais me ridiculiser devant deux fois plus de monde !

    - Enfin, Harry, tu l'as vu toi même, les autres élèves ne sont pas meilleurs que toi, à part Granger et Marine, positiva Ron.

    - Je sais, mais c'est pas ça le problème !

    - Rogue, c'est ça ? devina Coralie. Écoute, Eden nous a dit que puisqu'on est à Serpentard, on n'a pas à s'en faire. Alors pas de soucis !

    - Exact, rajouta Eden.Et puis, c'est comme la Physique-Chimie au collège, rien de plus.

    Harry fit un petit "OK" de la tête, mais il n'avait pas davantage confiance en lui pour autant. Durant le banquet de la Répartition, il avait eu le pressentiment que Rogue ne l'aimait pas beaucoup. Et dès le premier cours, il se rendit compte qu'il se trompait lourdement.

    En fait, Rogue le haïssait.

    En entrant en classe, Rogue apparut dans un flot de cape noire, cheveux noirs, yeux noirs et peau trop pâle pour qu'il paraisse réellement humain. Il fit un petit discours d'entrée impressionnant, dans le sens ou personne n'osa faire le moindre bruit. Comme le professeur McGonagall, Rogue avait le don de faire régner le silence, bien que sa voix fut à peine plus élevée que s'il s'était mis à murmurer.

    - Ah oui, dit-il d'un ton mesquin. Harry Potter. Notre nouvelle... célébrité.

    Pour toute réponse, Draco lui tira la langue, et par chance Rogue ne s'en rendit pas compte.

    - Potter ! hurla Rogue. Qu'est-ce que j'obtiens en mélangeant de la racine d'asphodèle à de l'infusion d'armoise ?

    Racine de quoi, infusion de quoi ? Harry jeta un coup d’œil autour de lui : Eden et Hermione avaient levé la main en même temps, Ron semblait désemparé, et il fallait qu'il se retrouve à côté d'un Gryffondor, qui paraissait un peu inspiré par la question.

    - Le philtre de Mort Vivante, murmura le garçon de façon furtive que Rogue ne remarqua pas.

    - Euh... Un filtre de Mort Vivante, tenta Harry.

    Rogue parut embêté, comme s'il ne s'attendait pas à ce que Harry réponde.

    - C'est exact, grogna-t-il. Un point pour Serpentard. Allez, préparez vos ingrédients, et plus vite que ça !

    Harry gratifia le Gryffondor d'un sourire reconnaissant.

    - Merci.

    - C'est rien. J'avais pas vraiment envie qu'il te pose des problèmes, Harry, euh, Potter...

    - Tu peux m'appeler Harry.

    - D'accord. Moi c'est Leo O'Neal.

    Rogue réclama le silence, et tout le monde se mit au travail : une potion pour soigner les furoncles. Rogue réussit à trouver une critique sévère pour chaque élève, y compris pour Hermione, qui faisait pourtant un travail parfait et consciencieux. Eden, qui partageait son chaudron avec elle, ne se préoccupait pas des remarques du professeur, et persistait à suivre la recette de la potion comme indiqué, bien qu'à voir sa tête, elle n'avait qu'une envie : tout jeter à la tête de Rogue. Mais Harry avait beaucoup plus de mal à ne pas faire attention aux remarques de Rogue, particulièrement cinglantes envers lui.

    Puis le désastre arriva. Neville Londubat, qui était assis juste à côté de Harry et Leo, avait réussi par on ne savait quel "miracle" à faire exploser son chaudron, et son contenu se répandit par terre, aspergeant au passage Seamus Finnigan, qui se retrouva recouvert de furoncles. Dix secondes plus tard, tous les élèves étaient montés sur leur table pour éviter de se faire asperger à leur tour. Rogue régla tout d'un coup de baguette, mais son humeur avait empiré.

    - Londubat, Finnigan, à l'infirmerie ! Tsundea, vous me ferez le plaisir de les y accompagner. (Coralie se leva en grognant et en jurant.) Et quand à vous, Potter, pourquoi ne lui avez-vous pas dit d'ajouter les épines de porc-épic avant de remuer la mixture ? Vous avez sans doute pensé que s'il ratait, votre réussite ne serait que plus remarquable ? J'enlève un point à Serpentard !

    Bon, d'accord, le point fut vite récupéré par la potion d'Hermione et d'Eden, mais l'orgueil de Harry en avait pris un bon coup. Non mais pour qui il se prenait, celui-là ? En sortant du cours, il se mit à citer les 127 raisons qui faisaient de Rogue le pire professeur de Poudlard, et se mit même à sortir plus de gros mots qu'ils n'en connaissait (même s'il était bien aidé par Coralie, Marine et Ron), tandis qu'Eden tapotait quelque chose sur sa tablette.

    - Qu'est-ce que tu fais ? s'intéressa Draco.

    - Je crée un groupe sur Facebook. Il s'appelle "Si 1000 personnes rejoignent ce groupe, Rogue sera viré."

    Dix minutes plus tard, 263 personnes avaient déjà rejoint le groupe. Pendant ce temps, Harry s'était remis à penser au paquet de Gringotts. Plus ça allait, plus il était persuadé que c'était quelque chose d'important, et qu'il y avait un lien avec le couloir interdit. Et il voulait absolument aller voir ça, même si c'était complètement idiot.

    - Hé, Ryry, tu voudrais pas qu'on aille voir ce qui se trame dans le couloir du troisième étage ? s'exclama doucement Eden.

    - Depuis quand tu m'appelles Ryry ?

    - Pas d'importance. C'est juste que Ron, Coralie, Marine, Draco et moi, on a trop envie d'aller voir ce qui s'y trame. Alors je me disais, peut-être que ça t'intéresserai ?

    - Et comment ! Je veux y aller !

    - Génial ! Ce soir, minuit, ça vous va ?

    - Euh... D'accord.

    - Bon, c'est pas que j'en ai déjà marre, mais on doit aller en Histoire de la Magie, ça me fait chier ! soupira Marine.

    - Moi j'ai hâte, dit Coralie. J'adore manquer de respect à Binns, c'est ce qu'il y a de mieux à Poudlard !

    * * *

    Minuit approchait. Harry regrettait un peu sa décision, mais il n'était plus question de reculer : Draco était déjà réveillé, et paraissait en pleine forme. Ron était un peu moins consentant à sortir du lit, mais il avait tout de même l'air content à l'idée de braver quelques interdits. Et en arrivant dans la salle commune, Harry vit les filles aussi remontées qu'en pleine journée.

    - Allez, vite, on y va.

    Coralie ouvrit le mur d'un geste impatient, puis, tous les six s’engouffrèrent vers le premier escalier, fonçant ainsi jusqu'au troisième étage, où ils croisèrent exactement la personne qu'ils n'avaient pas envie de rencontrer.

    Ils avaient fait la rencontre de Peeves, l'esprit frappeur, le lundi, et depuis, ce dernier n'avait fait que les embêter. C'était réellement énervant de se retrouver face à lui, car on ne savait jamais ce qu'il allait faire pour nous mettre dans l'embarras le plus total. La dernière fois, il avait balancé une corbeille à papier sur la tête de Draco, qui l'avait automatiquement menacé de prévenir et son père, et le Baron Sanglant, le fantôme de Serpentard, mais aussi la seule personne qui avait autorité sur Peeves.

    - Et bien, les petits nouveaux, vous allez où, à cette heure ?

    - Désolé, Peeves, mais on n'a rien à te dire ! lança Ron en se précipitant sous l'esprit frappeur.

    Ce qui était une très mauvaise idée.

    - ÉLÈVES HORS DU DORTOIR ! ÉLÈVES HORS DU DORTOIR ! hurla Peeves d'un ton mauvais.

    Les Serpentard se précipitèrent alors vers la première porte qu'ils trouvèrent, qui était verrouillée.

    - Qu'est-ce qu'on va faire ? lança Ron. Rusard va nous tuer !

    - Pas ce soir ! s'exclama Marine. Alohomora ! C'est bon, on peut entrer, venez vite !

    Ils foncèrent tout droit dans la porte désormais ouverte, et la refermèrent aussitôt. Mais alors que Harry pensait qu'ils étaient enfin tranquilles, la voix de Rusard retentit de l'autre bout du couloir.

    - Peeves, où sont-ils, dis-le moi !

    - Quand on est poli, on dit "Peeves, où sont-ils, s'il te plaît" !

    - Je n'ai pas de temps à perdre avec toi, dis-moi où ils sont !

    - Je te dirais quelque chose quand tu m'auras dit s'il te plaît~

    - Bon, d'accord... S'il te plaît.

    - QUELQUE CHOSE ! HAHAHAHAHA ! JE T'AVAIS DIT QUE JE TE DIRAIS "QUELQUE CHOSE" SI JAMAIS TU ME DISAIS S'IL TE PLAÎT ! MOUAHAHAHAHA !

    Ron maqua d'éclater de rire en entendant cela, mais quelque chose d'autre attira son attention. Trois secondes plus tard, il était en train de tirer sur la robe de Harry.

    - Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?

    - R-retourne toi et tu verras...

    Lentement, Harry se retourna. Et il regretta amèrement son geste. Il comprenait maintenant pourquoi le couloir était interdit. Il faisait face à un chien, ou plutôt, à un monstre. La bestiole devait mesurer près de trois mètres, mais ce n'était même pas le pire. Il avait trois têtes féroces, six yeux jaunes empreints de démence et trois bouches salivantes remplies de crocs aiguisés comme des lames de rasoir.

    - Faut qu'on sorte d'ici !

    - Mais, et si Rusard...

    - Entre la mort et Rusard, je choisis Rusard ! VITE !

    Les sorciers sortirent du couloir à reculons, refermèrent la porte à double tour, et coururent sans s'arrêter jusqu'à leur arrivée devant le mur de la salle commune de Serpentard.

    - Puella Magi, vite !

    Le mur s'ouvrit, et aussitôt, Harry et les autres coururent à l'intérieur.

    - Qu'est-ce qui leur prend de garder un truc pareil dans une école ? tempêta Ron.

    - Il garde quelque chose, répondit Eden d'un ton pensif. Il était sur une trappe ! Ce qui veut dire qu'il est là pour une bonne raison.

    - Alors, ça doit avoir un lien avec le paquet que Hagrid était allé prendre à Gringotts, s'exclama Harry.

    - Quel paquet ?

    - Je ne sais pas ce qu'il contient, tout ce que je sais, c'est qu'il doit mesurer 5 cm, et que c'est top secret. Pour Poudlard. Alors, peut-être que c'est ce que le chien garde.

    - Y'a aucun doute, dit Coralie. Et donc, ça veut dire qu'on va devoir trouver de quoi il s'agit, c'est ça ?

    - Ouais.

    - Il est allé le chercher à Gringotts ? s'intéressa Ron. C'était le combien ?

    - Le jour de mon anniversaire. Le 31 juillet. Pourquoi ?

    - Parce que le 31 juillet, il y a eu un cambriolage à Gringotts, je n'y pensais plus ! Quelqu'un s'est introduit dans un coffre, mais rien n'a été volé.

    - Alors c'est ça. Mais, dis, Ron, tu penses qu'il peut y avoir un lien avec Tu-Sais-Qui ? s'enquit Eden. En général, quand il se passe des trucs de ce style...

    - Qui sait ? lança Marine. Après tout, si c'est un truc tellement important, un des partisans Tu-Sais-Qui peut peut-être vouloir le voler, s'ils pensent que ça peut le faire revenir.

    La conversation continua un bon bout de temps, jusqu'au moment où Harry finit par retrouver le sommeil et aller se coucher. Une semaine de cours éprouvants et un chien à trois têtes... Qui a dit que c'était facile de vivre à Poudlard ?


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