• Note : Cette OS me traînait dans la tête depuis un bout de temps. J'avais très envie d'écrire quelque chose avec Chris en temps que personnage principal, d'autant plus si je pouvais le faire participer au Tournoi des Trois Sorciers. Petite précision, tout ça se place dans un AU de ma fic, parce que... Parce que je peux psychologiquement pas shipper Chris avec quelqu'un d'autre que Papyrus. //pan// Ce sera aussi certainement l'OS la plus longue que j'aurais jamais écrite, mais bon, j'étais motivée. (Et j'ai écrit ça sur plusieurs jours, vous en faites pas pour ma santé mentale, elle va très très bien.)

    Bon et c'est pas parce que c'est long que vous devez vous attendre à de la qualité, hein. C'est tout de même moi qui ait écrit ça, donc c'est pourri et y'a genre 1 milliard de références à des chansons que personne dans l'univers entier n'écoute à part moi. /pan/

    Ah, et vraiment, j'suis désolée pour toutes les références à Undertale. c pa ma fott si chui fane :C

    °oOo°

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    ACTE I — La Sélection

    Je contemplai la Coupe de Feu avec avidité. J'avais été muté à Poudlard au début de l'année, et depuis que ce vieux maboule de Dumbledore avait annoncé l'organisation du Tournoi des Trois Sorciers, je n'avais qu'une seule envie : y participer. Cependant, mes plans avaient été quelque peu mis à mal lorsque notre directeur nous avait annoncé que seuls les élèves âgés de plus de dix-sept ans pourraient participer au Tournoi. Il fallait avouer que du haut de mes quatorze ans, je n'avais pas beaucoup de chances d'être accepté. J'avais d'abord espéré qu'il me suffirait de me foutre une tonne de fond de teint, de me coiffer de façon plus sophistiquée que d'habitude et de m'habiller de la manière la plus classe possible afin que l'on ne me reconnaisse pas et qu'ainsi, je puisse participer sans peine, mais hélas, je n'allais pas devoir passer devant un jury de personnes ne me connaissant pas trop comme je le croyais au début, mais mettre mon nom dans la Coupe de Feu, objet d'une grande puissance magique qui ne pouvait pas se laisser tromper facilement. Et, pire que tout, Dumbledore avait tracé une limite d'âge empêchant toute personne de moins de dix-sept ans la traverser. J'aurais bien préparé une potion de vieillissement, mais voyant ce que cela avait apporté aux jumeaux Weasley et à deux-trois autres élèves, je m'étais vite ravisé. Avoir l'air d'avoir vingt ans, c'était une chose, mais paraître encore plus vieux que Dumby lui-même en était une autre. Cependant, je n'avais pas abandonné l'idée de participer au Tournoi, malgré tout.

    Ce qui serait cool, songeai-je, ce serait que la Coupe se mette à parler et dise qu'elle exige de m'avoir comme champion... Ce serait bizarre, grotesque, complètement ridicule et improbable, certes... Mais ce serait vraiment génial. Et comme ça, je pourrais prouver à tout le monde qu'un Serpentard de quatorze ans pouvait très bien faire mieux que... Que qui, d'ailleurs ? Je voyais autour de moi très peu de personnes qui auraient été capables d'être sélectionnés. Au bout de quelques instants de réflexions, je posai la question à Eden, ma cousine. Celle-ci avait eu beau n'avoir que quatorze ans, tout comme moi, les gens avaient tendance à lui donner au moins deux ans de plus. À croire que c'était de famille...

    - Qui pourrait être le champion de Poudlard ? grogna-t-elle en croisant les bras d'une mine boudeuse rappelant une quelconque Tsundere. Qu'est-ce que j'en ai à branler de ce Tournoi de merde, d'abord ? Faudrait vraiment être con ou complètement fou et drogué pour vouloir participer !

    En fait, les deux cas de figure me correspondaient plutôt bien. Cependant, je n'abandonnai pas et lui reposai la question, en me centrant plutôt sur Poufsouffle, puisque c'était sa maison. Elle devait bien être au courant de quelque chose.

    - À Poufsouffle, j'en vois qu'un seul, et je préférerai me faire arracher les couilles magiques que je n'ai pas plutôt que de le voir être choisi... Cedric Diggory.

    - Le beau gosse dans l'équipe de Quidditch ? m'informai-je. Je croyais que tu l'aimais bien.

    Elle émit un petit rire sec et amer.

    - Ouais, enfin ça, c'était avant qu'il ne m'annonce qu'il voulait s'inscrire... Enfin, qu'il "m'annonce", c'est un bien grand mot. Disons plutôt que lorsque j'ai appris qu'il avait foutu son nom dans la Coupe de Feu hier soir, j'ai pété un plomb, et depuis, je veux plus le voir, ni lui parler, ni même entendre parler de ce petit con, et j'ai décidé que je le détestais autant que Draco Malfoy.

    - Putain, tout ça parce qu'il s'est inscrit ? demandai-je en riant.

    - Il risque sa vie pour un truc qui n'en vaut absolument pas le coup... Enfin, en admettant qu'il sera choisi, et encore heureux, ce sera peut-être pas lui. Angelina Johnson s'est présentée, et elle doit bien être au moins aussi forte que lui. Voire plus. Puis c'est une Gryffondor. Les Gryffondor sont toujours au centre du tableau, donc ça peut être elle. Ou sinon, à Poufsouffle, peut-être... En fait nan, laisse tomber.

    - Qui ? m'intéressai-je.

    - Bon alors c'est une histoire un peu longue -bon en fait non, mais j'suis tellement douée que je vais prendre une heure à tout t'expliquer. Pour te raconter la version courte de l'histoire, j'ai rencontré un mec, aujourd'hui, Sans Skelton. Il est dans la même année que moi, mais à Serpentard. J'm'entends plutôt bien avec lui, il est super cool et tout ça... Et il a un grand frère, Papyrus, qui est en sixième année à Poufsouffle, mais il a déjà dix-sept ans, et il a voulu participer au Tournoi... Donc peut-être qu'il pourrait être choisi, mais quand j'y pense... Aucune chance, reconnut-elle en riant. Pas qu'il soit faible ou je sais pas quoi, mais d'après Sans, il est beaucoup trop innocent et naïf pour se retrouver dans ce genre de Tournoi.

    - Faudrait que tu me les présentes, tous les deux, dis-je.

    - Tu connais même pas Sans ? s'étonna-t-elle. Il est dans la même classe que toi, pourtant.

    - Si tu crois que je prêtes attention à mes camarades de classe... Bon, on y va ?

    - OK, avec joie ! Allez viens, suis-moi !

    J'obéis et la suivis à travers la Grande Salle. En quelques secondes, nous arrivâmes à la table des Poufsouffle, qui était squattée par un grand nombre d'élèves, notamment un Poufsouffle et un Serpentard qu'il aurait été difficile de rater. Le premier, le plus âgé des deux, était très grand pour son âge et affichait une mine joyeuse et déterminée. Des étoiles semblaient presque sortir de ses yeux, et il paraissait impatient de voir la sélection des champions. Son petit frère, le Serpentard, était physiquement opposé à lui : ses cheveux blancs étaient mal coiffés et désordonnés par rapport à ceux de son frère aîné, et pour le coup, il était très petit pour son âge. Un peu gros, aussi. Et surtout, là où son frère aîné paraissait hyper excité à l'idée du Tournoi, un peu comme je l'aurais été si seulement j'avais pu m'inscrire, le petit était carrément en train de dormir et de ronfler sur la table... Enfin, il l'était, jusqu'à ce qu'Eden ne le frappe afin de le réveiller.

    - Nan mais putain, j'étais en train de dormir !

    - T'es toujours en train de dormir, Sans, soupira Eden. Tu peux faire un effort deux secondes ?

    - Un effort ? Eden, j't'en prie, j'ai adopté une nouvelle éthique de travail. Une squel-éthique.

    - SAAAAAAAAAAAAANS ! cria Papyrus en donnant un coup de journal sur la tête de son frère.

    - Toi, mon vieux, j'aurai ta peau... Bref, les gars, j'vous présente Chris, mon p'tit cousin ! lança Eden.

    - Ed', j'ai juste un mois de moins que toi...

    - Toi, ta gueule. ...Bwef. Chris, du coup, voilà Sans (elle désigna le petit Serpentard, qui m'adressa un petit "Heya !" tout simple) et Pap-- Euh, excuse. Le Grand Papyrus. (elle fit un signe de tête vers le Poufsouffle en retenant un rire. Cependant, Papyrus n'y prêta pas attention et se leva et se dirigea vers moi pour me serrer la main. Je sentis que j'allais l'apprécier, celui-là.)

    - Enchanté, dis-je tout en serrant la main de Papyrus.

    Nous eûmes vite fait de sympathiser, et au final, Eden et moi finîmes par nous installer également à la table des Poufsouffle, Eden à côté de Sans et moi à côté de Papyrus. Nous discutâmes ainsi pendant toute la durée du repas, qui me parut passer relativement vite, pour une fois. Et puis, à la fin du repas, Dumbledore se leva et annonça qu'il ne restait que très peu de temps avant que la Coupe de Feu ne choisisse les champions. Je ne pus m'empêcher de pousser un gros soupir en me disant que si seulement j'avais pu participer au Tournoi, les choses auraient été encore mieux. Mais bon...

    Enfin, les choses devinrent plus intéressantes. Les flammes de la Coupe de Feu, habituellement bleues, se teintèrent d'une belle couleur rouge-pourpre et un premier morceau de papier en sortit.

    - Le Champion de Durmstrang, commença Dumbledore, sera Viktor Krum !

    Aucune surprise. Viktor Krum était après tout un élève brillant, et le meilleur attrapeur du monde. Il se leva sous les applaudissements de ses camarades de Dumstrang et se rendit dans une petite pièce à part, réservée aux champions.

    Deuxième morceau de papier.

    - Le Champion de Beauxbâtons sera une championne, déclara Dumbledore. Il s'agit de Fleur Delacour !

    Une jeune fille blonde d'une grande beauté se leva et alla rejoindre Viktor. Seulement, là où les élèves de Durmstrang paraissaient ravis de voir Viktor sélectionné, les Beauxbâtons semblaient déprimées, et deux avaient carrément fondu en larmes.

    Troisième morceau de papier.

    - Le Champion de Poudlard est Cedric Diggory !

    Waw. Si les regards pouvaient tuer, Eden aurait probablement massacré toute la salle en une demi-seconde. Elle fulminait complètement. Papyrus, quant à lui, venait de faire une tentative de suicide en essayant de se noyer dans son bol de bouillabaisse en se lamentant sur son sort en mode "Nyoooooh hoh hooooh, je suis une merde, ma vie est finie... T^T". Je l'attrapai par le col de sa robe pour le relever, et applaudis discrètement Diggory, en veillant à ce qu'Eden n'y fasse pas trop attention... De toute façon, elle était trop occupée à râler pour prêter attention à quoi que ce soit.

    Dès que Cedric eût quitté la Grande Salle, Dumbledore commença à nous parler un peu du Tournoi, du fameux Trophée des Trois Sorciers (qui était tellement canon que j'aurais VRAIMENT voulu pouvoir participer à ce putain de tournoi et le gagner, ne serais-ce que pour le trophée), bla bla bla... Lorsque soudain, les flammes de la Coupe de Feu virèrent de nouveau au rouge. Un nouveau bout de papier sortit de la Coupe de Feu. Dumbledore l'attrapa au vol, et le contempla quelques instants :

    - Harry Potter ! cria-t-il au bout de quelques secondes fort malaisantes.

    - Quelle surprise ! lança Eden d'un ton ironique. Toujours à se faire remarquer, celui-là.

    Potter se leva alors et alla rejoindre Viktor, Fleur et Cedric sous les regards sombres de tous les élèves et professeurs.

    - Ouais, bon, c'est un peu gênant, comme situation, avoua Dumbledore lorsque Harry fut sorti.

    Certes. Mais par rapport à ce qu'il allait se passer juste après, je vous jure que la petite intervention de Harry, ce n'était rien. Vraiment. Sous nos yeux ébahis, la Coupe de Feu se mit à bouger, un peu comme le Choixpeau, et prit la parole -comme le Choixpeau-.

    Je vous jure que je n'ai pas pris de drogue ce matin. Juste de l'héroïne. Et de la coke. Et de la novocaïne. Et de la marijuana. Et j'ai bu dix litres d'alcool. Mais bon, c'est trois fois rien, ça, j'vous jure.

    Bref, la Coupe de Feu se mit à parler, avec un étrange accent québécois.

    - Esh salut les amis c'est moi Sandrine la Coupe de Feu ! Alors vous voyez les amis il va falloir un cinquième champion, tabernacle ! Du coup, Chris Asher sera aussi Champion de Poudlard, hein !

    [Chris.exe a cessé de fonctionner, voulez-vous relancer l'application ?]

    - Vous délirez ? hurlai-je.

    - Bah non. J'suis destinée à faire chier les gens, tarbernacle ! Du coup dans la fic de Yokkas et dans celle-là, je parle pour rajouter un champion. Maintenant, si vous le permettez, je retourne faire un plan à trois avec le Choixpeau et l'écharpe de l'orientation sexuelle ! À plus.

    Et la Coupe de Feu reprit sa forme normale. Tout le monde se mit à me regarder dans les yeux, attendant que j'ai la moindre réaction. Au bout de quelques secondes, le temps que je me rende compte que tout cela était bien réel, que j'étais effectivement champion de Poudlard, et que je n'étais pas juste en train de rêver, je finis par me lever.

    - C'est... LE PLUS BEAU JOUR DE MA VIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIE ! hurlai-je.

    Et je courrai aussitôt rejoindre les autres, qui bizarrement, ne m'accueillirent pas avec l'allégresse à laquelle je m'attendais.

    - Bah quoi ? dis-je. La Coupe de Feu vient de me dire que je devais aussi venir, et que je suis Champion de Poudlard !

    - Mais enfin, c'est insensé ! grogna Fleur. Qu'est-ce qu'il a fumé, celui-là ?

    - Des hérissons, répondis-je d'un ton neutre. Vous pouvez demander à Dumbledore et aux autres, je dis la vérité.

    - En effet, déclara Dumbledore.

    - Meus enfin, Dambleudore, c'eust ridicule ! Trois champions pour Potdelard, eu puis quoi encore ?

    - Et bah j'ai une explication logique : Cedric a été choisi parce que voilà. J'ai été choisi parce que je suis un Gary-Stu et parce que je suis le perso principal ici, et Harry a été choisi parce qu'il y a un complot contre lui !

    Mais bon, plus personne ne faisait attention à ce que je disais. Par chance, les gens n'en n'avaient rien à battre de moi, car même si j'avais exprimé ma joie à l'idée d'être champion de Poudlard, ce n'était pas moi qui avais foutu mon nom dans la Coupe de Feu, c'est elle qui avait décidé de me faire chier... Ou plutôt, dans mon cas, de me faire plaisir... M'enfin bref, tout le monde se concentrait sur Harry, car tout le monde en dehors de Dumbledore et Maugrey Fol-Œil (et moi) était convaincu que c'était Harry qui avait mis son nom dans la Coupe de Feu... Mon cul, ouais.

    Mais quand-même, en voyant tout le monde se mettre à regarder ce pauvre Harry d'un œil sombre, j'étais bien content de ne pas être à sa place...

    °oOo°

    ACTE II — Impressions

    Les jours qui suivirent furent relativement bizarres. En général, les gens n'en n'avaient strictement rien à battre de moi, mais depuis que j'étais champion de Poudlard, les filles me lançaient des petits sourires, se mettaient à glousser quand je passais devant elles, et certaines allaient jusqu'à me demander un autographe... Une m'avait carrément dit que j'étais trop beau et qu'elle voulait sortir avec moi. À chaque fois, je me contentais d'esquisser un petit sourire, et je me surprenais parfois à me demander comment elles réagiraient si elles venaient à apprendre que je n'étais pas du tout intéressé.

    Non pas que je n'avais pas envie de sortir avec quelqu'un en définitif. Cependant... Les filles ne m'attiraient pas. Je ne m'étais jamais senti intéressé par une fille, de toute ma vie. J'ignorai à quel moment exact dans ma vie je m'étais rendu compte que j'étais gay, mais au fond, je l'avais toujours su. C'était clair comme du cristal pour tout le monde. Eden s'en était vite rendu compte, lorsqu'elle avait remarqué que je n'étais en aucun cas attiré par Zelda lorsque nous jouions à Twilight Princess étant enfants. Cole, mon frère aîné, s'en était aussi rendu compte, et ne le faisait jamais vraiment remarquer. Pour eux, c'était normal. Peu importait que je suis gay, hétéro ou même mécanophile si j'en avais envie, pour eux, j'étais le même.

    En revanche, lorsque mes parents l'avaient su, ils l'avaient horriblement mal pris. M'enfin, de toute façon, mes parents me haïssaient, et je le leur rendais bien. Lorsque ma mère est morte, je n'avais rien ressenti. Aucune tristesse. Aucune douleur. Ni même un peu de vide. Mais je n'étais pas heureux pour autant. J'en avais juste... rien à battre. J'aurais simplement préféré que mon père passe l'arme à gauche. Car son comportement envers moi avait encore empiré suite au décès de ma mère. Mais je ne m'en plaignais pas. Je n'y faisais même pas attention. Ou si, à la limite, moi aussi je devenais de plus en plus chiant avec lui, c'est tout. Bon enfin, ce n'était pas pour ça que j'avais commencé à fumer, à boire et à me droguer, ça c'était les joies de Thunderbird, les New Americana d'Ilvermorny... Enfin bref.

    Les jours se suivirent plutôt tranquillement, jusqu'à ce qu'un jour de novembre, quelques temps avant la première tâche, un élève de troisième année n'arrive dans la salle de classe et ne dise que je devais me rendre dans une salle dans laquelle les champions devaient aller pour des photos et un examen de baguettes, quelque chose comme ça. Ah, vraiment, la vie de champion... Une belle vie de merde, si vous voulez mon avis. Enfin bon...

    Je me rendis donc dans la salle désignée, dans laquelle les autres champions se trouvaient déjà. Viktor, à ma grande surprise, essayait de se faire tout petit et de se cacher. Dire que je pensais qu'en temps que joueur de Quidditch, il était habitué à toute cette pression, aux paparazzis et aux photographes... Sinon, on avait aussi Fleur, qui paraissait bien plus satisfaite à l'idée d'être à Poudlard, et qui discutait avec Cedric en faisant de grands sourires à celui-ci. Harry, tout comme Viktor, essayait de ne pas trop se faire remarquer. J'allai les rejoindre et me mis à attendre l'arrivée des journalistes. Je profitai du petit laps de temps que nous avions pour changer de cravate et repasser un coup de gel dans mes cheveux. Nan parce que les couleurs de Serpentard étaient belles, mais je voulais être vraiment chic pour les photos. Mon choix s'arrêta sur une cravate lilas qui traînait dans mes poches pour allez savoir quelle raison. J'accrochai aussi un œillet à ma robe de sorcier, bien moins cliché que la traditionnelle rose. D'après Eden, chaque fois que je m'habillais comme ça, je ressemblais à Chuck Bass, un des persos de l'une des séries auxquelles elle était accro. Ce qui l'amenait souvent à dire que si nous n'étions pas cousins et que j'étais au moins bisexuel, elle m'aurait déjà "ôté ma virginité", pour reprendre ses mots. Vraiment...

    Bref. Mr Ollivander, le fabriquant de baguettes anglais, arriva, et après un court examen, eut la joie de nous annoncer que nos baguettes étaient parfaitement fonctionnelles, même si celle de Viktor était un peu courte et tordue... Non, je ne parle pas du tout de bites, je vois pas de quoi vous parlez. Putain, vous avez l'esprit mal placé, moi après j'y peux rien.

    Bref. C'est après que les choses ont commencé à se gâter.

    Quelques instants plus tard, une femme blonde tirée à quatre épingles arriva dans la salle et prit une première photo.

    - Quel charismatique quintet, dit-elle d'un ton que je trouvais relativement dédaigneux. Bonjour ! (Elle se mit à nous serrer la main tout en parlant.) Je suis Rita Skeeter, reporter à la Gazette du Sorcier... Mais ça, vous le savez déjà !

    Ouais, enfin bon, moi je lis pas la Gazette, et je doutai que Fleur et Viktor aient déjà entendu parler de cette femme, donc son "vous le savez déjà", elle pouvait se le mettre là où je le pense.

    - C'est vous qui nous intéressez, continua Rita. Vous êtes l'actualité brûlante...

    Elle fut soudain interrompue par l'extinction soudaine des lumières. Ce qui était assez étrange, parce que nous étions en plein jour, sans compter qu'il n'y a pas d'électricité à Poudlard... Mais bon, aidons le scénario, s'il vous plaît.

    Et soudain, dans les ténèbres dans laquelle la pièce était à présent plongée, une voix masculine grave, aux accents robotiques, retentit alors.

    Oooooh, yeeeees.

    Le bruit d'un solo de guitare venu d'on ne sait où se fit ensuite entendre. Puis, deux projecteurs s'allumèrent, et une silhouette commença à se discerner dans la brume artificielle. Comprenant à qui nous allions avoir à faire, je souris, émerveillé et excité, tandis que la silhouette fine et sexy de Mettaton, la plus grande star que le monde des sorciers eut jamais connu, apparût complètement. Les lumières se rallumèrent peu à peu, et pendant quelques instants, je restai scotché, immobile, sans dire un mot, me contentant d'admirer les traits de Mettaton. Il était d'une beauté à couper le souffle, encore plus qu'à la télé. Ses cheveux coiffés avec un gel quasiment métallique semblaient presque danser sur sa tête. Et ses jambes... Putain, ses jambes. Aucune oeuvre d'art n'arrivait à la hauteur de ses jambes. Je vous jure, si vous cherchez les mots "beauté" et "jambes" dans le dictionnaire et que celui-ci n'affiche pas une photo de Mettaton, c'est que votre dico a un sérieux problème.

    Je le regardai encore quelques instants. Il était en train de s'excuser auprès de Dumbledore pour cette entrée en scène, ce à quoi Dumby répondit qu'il n'y avait aucun mal. Encore heureux, parce que s'il lui avait fait la moindre réflexion, je vous jure que j'aurais fait de Dumbledore de la pâté pour chiens. Et le genre de pâté bon marché que je n'aurais jamais acheté pour le mien.

    Je suis un fan un peu hardcore.

    Bon, suite à cela, Rita Skeeter entraîna Harry avec lui pour faire une petite interview, mais je n'avais plus rien à foutre de cette vieille peau de vache. Tout ce qui comptait à présent, c'était d'obtenir l'autographe de Mettaton -qui allait apparemment être le présentateur de toutes les épreuves du Tournoi, qui serait retransmis en direct sur toutes les télés du monde des sorciers-, aussi bien pour moi que pour Eden, Sans, Papyrus et à peu près tout mon entourage proche. J'avais l'impression de réaliser mon plus grand rêve, d'un coup. Et les choses ne firent que s'améliorer lorsque Mettaton me murmura après les interviews et autres photos un petit "Montre leur c'que tu vaux, darling !"

    Best. Day. Ever.

    ...Et pour les jours qui suivirent ma rencontre avec Mettaton, j'allais bien avoir besoin de toute la détermination qu'il avait réussi à me donner en quelques mots.

    Quelques jours seulement avant la première tâche, Harry m'annonça que la tâche en question serait d'affronter des dragons. Mais là où Harry paraissait hyper stressé, j'étais au contraire très calme. Deux plans s'étaient déjà formés dans mon esprit.

    D'un côté, je pouvais essayer de me mettre en mode Daenerys Targaryen et de dompter le dragon face auquel j'allais me retrouver. C'était dangereux, mais je pouvais toujours m'attirer l'approbation d'une partie du publique, et dans un jeu comme celui-là, c'est tout ce qui compte... Bon, OK, c'est pas non plus les Hunger Games, mais on n'était pas très loin non plus.

    Sinon, de manière plus simple, je pouvais essayer de buter le dragon, ou au moins lui crever les yeux, étant donné que c'était le point faible de tous les dragons. C'était tout aussi risqué, mais j'avais bien envie d'essayer cela.

    Et puis, l'article de Rita Skeeter parût dans la Gazette du Sorcier. J'aurais très bien pu passer à côté et ne pas y prêter attention, mais Eden poussait tellement d'exclamations indignées qu'il était difficile de les ignorer. Je finis par lui prendre le journal des mains et je le traversai des yeux.

    Le plus clair de l'article se composait de remarques toutes plus désobligeantes envers Harry. Je pensai d'abord que je n'étais en rien lié à l'article et que Eden râlait juste par rapport aux commentaires acerbes que Rita avait réservés à son ami, mais je remarquai à la fin de l'article que, même si cela représentait très peu de l'article total, je n'avais pas été épargné. Pour faire vite, j'étais shooté à la novocaïne probablement à cause des drames auxquels j'avais du faire face dans mon enfance, mon style vestimentaire aurait pu passer inaperçu "dans une de ces petites réceptions Moldues", et mes nombreuses heures de colle à Ilvermorny témoignaient selon elle d'un grand besoin d'intérêt, dont, avec mon inscription au Tournoi, j'allais enfin pouvoir profiter. Ah, et j'étais un gros fanboy d'une soi-disant star à la coupe Emo.

    Sans m'en rendre compte, je déchirai le journal d'un geste. J'aurais dû m'y attendre, mais le fiel de cet article me donnait littéralement envie d'égorger des petits animaux mignons à mains nues. Et comme il fallait s'y attendre, d'un coup, les gens se mirent à reculer un peu en ma présence, et les plus persistants me plaignaient, à la limite. Enfin, par chance, j'avais encore Eden, Sans, Papyrus et deux-trois autres personnes qui me soutenaient du mieux qu'ils le pouvaient. En dehors d'eux, j'étais définitivement seul. Et si Rita continuait d'écrire quelques articles sur moi et venait à découvrir ma passion pour le punk-rock et creusait un peu plus mon obsession pour la drogue et l'alcool, j'allais être vu par tout le monde comme le Saint Jimmy local... Quoique, ça m'aurait pas vraiment déplu. Même si j'avais pas envie de finir comme lui, faisant exploser mon cerveau dans des lauriers.

    Ouais, j'écoutais beaucoup trop Green Day.

    Enfin bref. À partir de la parution de l'article, les choses devinrent un peu plus pénible, mais en y repensant, peut-être qu'être un peu craint par ses congénères valait mieux que d'être dragué par des filles sans intérêt ni valeur, pour lesquels je serais incapable de ressentir quoi que ce soit, même si je m'y donnais à fond.

    La seule fille qui m'avait un jour attiré, c'était Halsey, une des chanteuses préférées d'Eden, probablement car je m'étais retrouvé dans ses paroles et car sa voix me vendait du rêve. Melanie Martinez était très mignonne aussi, mais bon, je n'avais rien éprouvé face à elles quoi que ce soit, si on comparait cela à d'autres... Simon Harper, par exemple, un mec d'Ilvermorny, à Horned Serpent, avec qui j'avais eu une petite relation avant d'être muté à Poudlard. J'étais toujours en contact avec lui, mais comme pas mal de relations à distance, nous commencions peu à peu à nous friendzonner chacun de notre côté. Mais bon, c'était mieux que rien. Et puis, il y avait Mettaton. Depuis le jour où j'avais commencé à regarder son émission, j'étais devenu fan de lui, et j'avais développé quelques sentiments pour lui. Et le rencontrer n'avait fait qu'accroître ce sentiment en moi. J'étais amoureux de lui comme les gamines encore en manque d'hormones étaient amoureuses de Justin Bieber ou d'un gars des 1D, ou comme Eden était amoureuse de Patrick Stump. (Eden : J'suis pas amoureuse de lui, juste de sa voix... Et pi il est tout petit tout mignon on dirait un bébé, et-- OK, t'as gagné.) C'est principalement du fanboy à l'état pur, mais il n'y avait pas que ça... Et puis, il y avait aussi Papyrus Skelton...

    Putain, mais pourquoi je pense à lui ?

    Il fallait reconnaître que Papyrus m'avait tout de suite fait de l'effet, à la seconde même où Eden me l'avait présenté. Il était tellement gentil, tellement innocent et naïf... Il avait beau être bien plus âgé que moi, il avait encore l'innocence d'un élève de première année. C'était clairement le genre de mec avec qui j'aurais pu rêver de devenir ami. Le mec qui ne te lâchera jamais et qui croira en toi quelle que soit la situation... Mais aurais-je cru un jour pouvoir tomber amoureux de quelqu'un comme lui ? Ou plutôt, est-ce que je m'y serais autorisé, sachant que quelqu'un d'aussi génial que lui méritait tout de même mieux qu'un connard comme moi. Et pourtant, chaque fois que je le croisais, je ne pouvais pas m'empêcher de sourire et de sentir mon cœur battre plus vite. J'avais déjà eu des relations, j'avais déjà été amoureux, mais je ne l'avais jamais été de cette manière. Au fond, j'étais convaincu d'aimer Papyrus, mais encore fallait-il que je trouve comment le lui révéler sans partir dans des déclarations ringardes qui n'étaient absolument pas dans mon style. Et il n'était même pas question que je me mette à écouter des chansons d'amour pour voir comment il fallait s'y prendre. Tant pis, j'allais attendre que le moment soit venu. Et, pour éviter de me ridiculiser complètement, j'allais essayer de m'assurer qu'il n'était pas hétéro. J'avais pas non plus envie de me faire de faux espoirs inutiles...

    - Hey, Chris, ça va ? s'enquit soudain Eden. T'as l'air ailleurs...

    - Hein ? Ah, huh... Excuse-moi, tu disais quelque chose ?

    - Euh, ouais. En fait, Sans et moi, on va mater quelques animes. La base, Madoka Magica, Assassination Classroom, SAO... J'ai réussi à me choper les DVD et un ordi qui fonctionne, du coup... T'as envie de venir ? T'as bien besoin de te détendre, après tout, la Première Tâche à lieu demain.

    - D'accord, acquiesçai-je.

    La première tâche... Plus je pensais à ce putain de dragon, plus je m'inquiétais à l'idée que j'allais peut-être laisser ma peau dans le combat. J'espérais juste qu'ils ne seraient pas trop dangereux.

    °oOo°

    ACTE III — La Première Tâche

    Le lendemain matin, j'enfilai ma robe de sorcier en un tournemain et me contentai d'attendre que l'heure fatidique ne finisse par sonner. J'ignorai si j'étais vraiment prêt à affronter le dragon, mais je n'avais pas non plus rien branlé ces derniers jours. J'avais révisé tous les sorts qui pourraient m'être utiles. Il fallait juste que j'arrête de douter et que je mette en pratique ce que j'avais appris. Comme me l'avait conseillé Mettaton, j'allais leur montrer ma véritable valeur. J'allais leur montrer que même moi, un Serpentard de quatrième année tout droit sorti de la décadente école Ilvermorny, j'étais tout à fait apte à affronter un dragon, et peut-être même de gagner ce fucking tournoi. J'avais toutes les cartes en main. Il ne me restait plus qu'à les jouer correctement, et j'avais toutes mes chances de remporter la victoire. Même face au grand champion de Quidditch Viktor Krum. Même face aux yeux de biche et au charme Vélane de Fleur Delacour. Même face au regard de beau gosse et aux capacités en sortilèges de Cedric Diggory. Même face à ce cher Potter, qui n'avait pour lui que le fait qu'il avait vaincu le fameux mage noir dont il ne faut pas dire le nom. J'avais mes chances. J'en étais convaincu. Et maintenant, j'allais faire mes preuves. J'étais rempli de détermination.

    Lorsque le professeur McGonagall vint me chercher, j'expirai un bon coup et la suivit avec un petit sourire conquérant. J'arrivai alors dans une tente dans laquelle j'eus vite fait de changer mes vêtements pour une tenue plus appropriée à l'occasion : une robe protégeant des brûlures, avec mon nom écrit sur le dos, et aux couleurs de Serpentard s'il vous plaît. Fallait avouer que ça m'allait assez bien.

    À partir de cet instant, nous n'avions plus qu'à attendre un quelconque signe.

    Dumbledore, Madame Maxime, Karkaroff, Mettaton et Mr Croupton arrivèrent quelques instants plus tard, et ce dernier nous demanda de mettre la main dans le petit sac qu'il nous tendait, probablement pour voir qui aurait quel dragon. Fleur se retrouva avec un Vert Gallois -je suppose qu'il frappe tout le monde grâce à une potion magique... ah pardon, j'ai confondu avec les Gaulois, mea culpa-, Viktor avec un Boutefeu Chinois -la crevette de Mulan, ouais-, Cedric avec un Suédois à Museau Court -suédois ? Ced, tu nous chantera un petit air de ABBA, hein ?-, Harry avec un dangereux Magyar à Pointes -même sa bite est recouverte de pics- et moi avec un Noir des Hébrides -nan, j'ai pas de blagues à faire là dessus-. Wowie.

    Mr Croupton nous expliqua ensuite que nous allions devoir récupérer un œuf d'or, gardé par le dragon. Et en fait, c'était cet œuf, notre principal objectif, puisqu'il contenait un indice qui serait bien utile pour la deuxième tâche... Soudain, une petite idée me vint à l'esprit, et j'espérais juste que personne d'autre ne serait assez malin pour y penser, étant donné que je serais le dernier à passer.

    Dumbledore et les autres se retirèrent et Cedric se prépara à affronter son dragon. Mettaton attira ensuite Harry un peu à l'écart, et lorsque le petit binoclard revint vers moi, il avait la tête recouverte de ketchup.

    - Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demandai-je en réprimant un éclat de rire.

    - Putain, le présentateur, je le retiens, grogna Harry tandis que la voix de Mettaton retentissait au loin, commentant chaque fait et geste de Cedric et en profitant un peu pour parler un peu de lui et de l'audimat, évidemment. Il m'a renversé du ketchup sur la tête en disant que c'est ce que les Vert Gallois redoutent le plus...

    - Mais t'affrontes un Magyar, Harry.

    - JE SAIS ! Et il le savait aussi ! Parce qu'il se trouve que les Magyar à Pointes raffolent du ketchup, c'est leur plat favori ! Il veut juste que je me fasse bouffer, pourvu que la mort d'un des candidats par décapitation booste un peu son audimat.

    - Harry Potter, Mami Tomoe, faut avouer qu'il y a une toute petite ressemblance dans les noms, songeai-je.

    - Quoi ? s'exclama Harry.

    - Bah quoi ? Le dragon va te bouffer en commençant par la tête, comme l'a fait la sorcière avec Mami dans l'épisode 3 de Puella Magi. Je te montrerai bien ça, mais j'ai pas ma tablette.

    - Chris... Comment te dire ça poliment ? Je te hais.

    - T'inquiète, t'es pas le seul, répondis-je avec un éclat de rire. Mais j'espère simplement que Eden prendra une vidéo de toi quand t'affronteras le dragon, parce que je veux voir ça !

    Suite à cela, nous nous contentâmes d'attendre. Au bout d'un temps qui me parut interminable, Cedric en eut enfin fini avec son dragon, et ce fut autour de Fleur, puis de Viktor, puis de Harry. Et enfin, alors que je commençais à ne plus du tout y croire, je fus enfin appelé. Ma baguette en main, plus prêt que jamais à en finir avec ce dragon, je sortis de la tente et me dirigeai vers "l'arène".

    Je ne pris même pas le temps d'admirer les alentours. Je tendis ma baguette vers l’œuf d'or et m'écriai immédiatement :

    - ACCIO ŒUF D'OR !

    Et l’œuf me fila dans les mains. C'était tellement facile et évident que j'étais vraiment épaté que personne d'autre n'ait fini en trois secondes. Je brandis l’œuf vers moi en signe de victoire, tandis que Mettaton et la foule en général m'acclamaient comme si j'étais devenu leur nouveau dieu. Je m'apprêtai à quitter l'arène, lorsque je sentis une ombre menaçante de dessiner derrière moi.

    Merde, j'avais complètement oublié le dragon...

    Je me retournai, et après une brève hésitation, je me dis que les dragons n'étaient pas des êtres humains, et j'avais déjà gagné, donc je ne prenais aucun risque.

    - Avada Kedavra.

    Le dragon ne mourut pas sous les coups du sortilège, mais recula un peu, et je profitai de ce laps de temps pour m'enfuir au plus vite. Quelques instants plus tard, j'étais de retour dans la tente, mais entouré de mes amis.

    - Comment se sont débrouillés les autres, en fait ? demandai-je.

    - Cedric : pierre métamorphosée en chien, mais ça a mal tourné. Fleur : sortilège de fille qui a endormi le dragon qui a a moitié brûlé sa robe en ronflant. Viktor : yeux du dragon crevés, mais le dragon l'a mal pris et s'est mis à tout piétiner sur son passage, c'est un miracle que Viktor s'en soit sorti en un seul morceau, résuma Sans.

    - Mais le mieux, c'était Harry, fit remarquer Eden. Cet idiot, il est arrivé avec du ketchup sur la tête, alors que tout sorcier qui se respecte sait bien que les Magyars à Pointes en raffolent...

    - Et ce sont pas les seuls, déclara Sans en entamant un hot-dog.

    - Enfin bref, le dragon a essayé de le bouffer, mais il a lancé un Accio sur son balai et il s'est envolé et a fini par attraper l’œuf... M'enfin, l'audimat a triplé, d'après Mettaton, donc ça devait être une bonne chose. Puis c'était beau à voir, tout simplement. Mais c'est quand-même incroyable que personne n'ait pensé à un truc aussi évident que ce que t'as fait... Bon allez, viens, on va voir tes notes !

    Je me levai et la suivis. J'allais forcément avoir une bonne note, c'était obligé.

    Tiens, qu'est-ce que je disais ? Dumby, Madame Maxime, Croupton et Mettaton m'avaient tous filé un 10. Et Karkaroff...

    - EST-CE QUE JE RÊVE OU BIEN CE FILS DE PUTE A... commençai-je.

    - ZÉRO ? s'indigna Papyrus. Il a donné un dix à Krum ! ...T'inquiète, Chris, t'es bien meilleur que tous les autres réunis !

    - T'es sûr ? demandai-je, à moitié déprimé.

    Je savais que Karkaroff était complètement vendu, mais quand-même, un zéro, c'était chiant.

    - Mais bien sûr, lança Papyrus. Et dis-toi que c'est le Grand Papyrus, futur chef du bureau des Aurors, qui te le dit, et pas n'importe qui d'autre ! Nyeh Heh Heh !

    J'émis un petit rire et quittai la tente avec les autres, prêt à aller fêter ma victoire comme il se doit dans la Salle Commune de Serpentard. Salle commune dans laquelle je fus accueilli en héro. Tous les Serpentard (ainsi que Eden et Papyrus parce que... je suis le meilleur donc même quand on n'est pas dans la même maison que moi, faut me respecter) m'acclamèrent pendant toute la nuit, et ce sur une playlist parfaite pour l'occasion. Centuries de Fall Out Boy et Victorious de Panic! at the Disco, vous connaissez mieux pour fêter une victoire aussi écrasante ?

    J'avais vraiment l'intention d'être le roi du monde. Je n'avais rien fait de si épatant en soi, mais j'avais tout de même fini la tâche en quelques secondes montre en main, et tout le monde avait reconnu que j'étais le seul à avoir été un minimum intelligent pour cette tâche. Malgré la note de merde que Karkaroff m'avait donné, j'étais premier ex æquo avec Harry, et d'après Mettaton, j'étais le favori pour les paris. Et j'avais bien l'intention de le rester, de gagner le trophée et les 1000 Gallions, et de faire voir à tous ceux qui avaient un jour douté de moi que j'étais le meilleur.

    °oOo°

    ACTE IV — Le Bal de Noël

    Les premières neiges avaient commencé à tomber sur Poudlard et ses alentours tandis que le mois de décembre commençait. J'ignorai encore ce que j'allais faire pour les vacances cette année. Je n'avais pas franchement l'intention de rentrer chez moi, donc peut-être que j'allais simplement rester à Poudlard. Je ne serais pas le seul, de toutes façons...

    Et puis, un jour, le professeur Rogue nous apprit que le Bal de Noël allait avoir lieu cette année-là, car il s'agissait d'une tradition du Tournoi depuis son commencement. Là, évidemment, toutes les filles semblèrent absolument ravies. Moi, en revanche, je cachai mon visage dans mes mains et me recroquevillait sur moi-même, essayant de me faire tout petit. Je détestais danser. Enfin... Non, j'aimais bien, en soi, mais un bal ! Ça voulait dire des valses de merde et des slows à la mords moi le nœud ! Alors bon, à moins qu'ils n'aient la bonne idée à Poudlard d'inviter un groupe de rock -Moldu de préférence, mais bon, j'demande l'impossible, là-, il n'était même pas question que je me retrouve à danser dans ce fucking bal.

    Bref. Rogue nous montra un petit exemple de valse en dansant avec cette chère Pansy Parkinson, qui d'après son regard, aurait préféré se retrouver n'importe où sauf dans les bras de Rogue.  Oh, pourtant, j'étais convaincu qu'il y avait pire que lui. Un prof qui ressemble à Robert Smith dans sa jeunesse a forcément un bon côté, non ?

    À la fin du cours de danse improvisée, cependant, Rogue m'attrapa par l'épaule. J'espérais juste qu'il n'allait pas me coller pour je ne sais quelle raison...

    - Écoutez-moi, Asher. Il va falloir que vous vous trouviez une cavalière pour le bal--

    - Je suis gay, coupai-je. Et j'ai pas l'intention de...

    - Votre orientation sexuelle ne m'intéresse pas, et vos excuses non plus, Asher. Vous allez vous trouver quelqu'un. Il est de tradition pour les champions d'ouvrir le bal, et vous aurez du mal à danser tout seul, n'est-ce pas ?

    - OK, m'sieur, dis-je.

    Fallait avouer qu'il m’impressionnait, avec son Flot de Cape Noire©, ce bon vieux Rogue.

    Bon, il allait falloir que je me trouve un partenaire pour le bal, maintenant... Fait chier.

    J'allai rejoindre Eden dans la Grande Salle, qui semblait avoir à peu près le même problème que moi.

    - T'as l'intention de demander à qui, toi, pour le bal ? demanda-t-elle dès que je fus installé à côté d'elle.

    - Je sais pas encore, répondis-je. Quelqu'un de cool. Quelqu'un qui sache danser. Quelqu'un  qui me fasse pas chier toute la soirée...

    - Papyrus ? suggéra-t-elle tandis que je parlais. Hey, arrête de me regarder comme ça, j'ai remarqué comment tu le mates. Même devant Mettaton t'es pas autant en transe. Tu lui as dit ?

    - Quoi ? Tu déconnes ? J'irai jamais lui dire que je... Suffirait qu'il soit hétéro et je serais ridiculisé à vie... Et puis qu'est-ce qu'il irait trouver à quelqu'un comme moi ?

    - Bah en fait d'après Sans, il est bi, si ça peut t'aider un peu. Et ce qu'il pourrait te trouver ? Déjà, t'es beau. Si on n'était pas de la même famille, je t'aurais violé au moins vingt fois. Et puis t'es cool, t'es sympa, t'es intelligent quand tu t'y mets, tu laisses jamais tomber... T'es quelqu'un de génial, tout simplement, mon vieux ! Allez, demande-lui !

    - J'oserai jamais !

    - Eh bah je lui demanderai pour toi !

    - Même pas en rêve, RESTE ICI ! Et toi, d'ailleurs, Eden, t'as l'intention d'aller au bal avec qui, hein ?

    - Ah, ça... Je sais pas du tout. En fait, quand t'es arrivé (elle esquissa un sourire sadique déconstruit) je vais de demander à Cedric s'il voulait bien y aller avec moi, qu'on redevienne amis et tout ça... Et en fait il y va déjà avec cette pouffiasse de Cho Chang. Putain. Même pas deux mois et il m'a déjà remplacée  par la première pute venue !

    - Et qu'est-ce qu'il s'est passé ? m'intéressai-je.

    - Je lui ai crié dessus que j'en avais rien à foutre qu'il sorte avec une pute, que c'est pas comme si je l'aimais bien ou quoi que ce soit, et après je l'ai frappé et je me suis tirée... Pourquoi tu m'regardes comme ça ?

    - Oh, rien. J'ignorais que ma cousine était une putain de Tsundere, c'est tout.

    - Tsundere ? répéta-t-elle comme si je l'avais insulté. Je suis pas amoureuse de lui, j'voulais juste y aller en amis. Parce que c'est le plus beau mec de l'école et que je voulais que tout le monde crève de jalousie devant moi. Qu'est-ce que je vais faire, maintenant ? J'suis pas assez désespérée pour demander à Malfoy ou Potter, putain...

    - Et Sans, alors ? suggérai-je. Tu l'aimes bien, vous êtes potes, nan ? Tu pourrais lui demander.

    - J'y avais pas pensé, mais faut avouer que c'est pas une si mauvaise idée... Mais à une seule condition. Si je demande à Sans, toi tu demandes tout de suite à Papyrus. Okay ?

    - OK, t'as gagné, dis-je.

    Ç'aurait pu être tellement pire, comme situation, après tout...

    Ainsi, aussitôt vis-je Papyrus arriver dans la Grande Salle, je me levai et courut le rejoindre. J'étais plus gêné que jamais, mais il n'était même pas question que je fasse demi-tour maintenant.

    - Huh... Papyrus, commençai-je. Tu sais, à propos du bal de Noël... En fait, je me demandais... 'fin tu vois, c'est con, mais... Est-ce que, genre, tu voudrais... J'sais pas, y aller avec moi ? Enfin, si tu veux pas, je comprendrais, hein, c'est juste que je--

    - Tu veux aller au bal avec moi ? me coupa-t-il. Sérieusement ? (Je fis un petit "oui" de la tête.) Wowie... C'est la première fois qu'on me propose quelque chose comme-- Ahem! Quoi qu'il en soit, c'est avec joie que moi, le Grand Papyrus, j'accepte de t'accompagner au bal ! Et tu verras, on passera la meilleure soirée imaginable ! Après tout, on ne peut pas écrire "préparé" sans plusieurs lettres de mon prénom ! Allez, viens ! Nyeh Heh Heh Heh Heh !

    Pendant un instant, j'avais du mal à croire que c'était vrai, mais au fur et à mesure que je me pinçais afin de vérifier que ce n'était pas juste un rêve, je me rendis compte que tout cela était parfaitement réel, une fois de plus. J'allais au bal avec Papyrus. J'allais vraiment au bal avec lui. J'avais jamais été aussi heureux depuis le jour où j'avais battu le dragon. Et aussi celui où j'étais devenu champion de Poudlard.

    Ouais, j'avais eu beaucoup d'expériences heureuses en très peu de temps.

    D'après Eden, jamais autant de gens n'étaient restés à Poudlard pour les vacances de Noël. Toutes les filles ou presque avaient tenu à rester et à se trouver un cavalier digne de ce nom. Au moins, moi, ayant trouvé quelqu'un le premier jour, j'étais sûr que je n'allais pas avoir le même problème que d'autres. Il suffisait de voir Harry ou Ron, qui avaient respectivement demandé à Cho Chang et à Fleur Delacour, et les deux s'étaient ramassé un beau râteau des familles. Bon, c'était peut-être méchant de m'être moqué d'eux comme ça, mais suffisait de voir la tête que Ron avait fait pour éclater de rire, non ? Vraiment, je pense que quelqu'un sur Terre a du faire le Top 10 des meilleures tronches de Ron Weasley... Top 10, que dis-je ? Chacune de ses têtes est épique. Faudrait faire un top 100000.

    Quelques jours avant le bal, une rumeur prétendant que les Bizarr'Sister se produiraient à Poudlard commença à circuler dans les couloirs. ...Ouais, c'était pas les FOB, mais ce serait un bon remplacement. Et si c'était vrai, cela signifiait au moins qu'on allait avoir du rock. Du coup, on pourrait toujours essayer de leur proposer quelques chansons certes Moldues, mais qui étaient parfaites pour n'importe quel bal avec des collégiens. Et de la qualité, s'il vous plaît, on n'est pas là pour écouter les One Direction... Sauf Lavande Brown, peut-être.

    Et puis, enfin, le jour du bal arriva. Eden se retira dans une salle commune avec Hermione Granger et quelques autres filles des heures avant le début de la cérémonie, tandis que Sans, Papyrus, Harry, les Weasley et moi préférâmes finir la bataille de boules de neiges que nous avions commencé quelques minutes auparavant avant d'aller nous préparer.

    Lorsque nous retournâmes dans le château, Ron continuait de répéter à qui voulait l'entendre que Hermione n'allait au bal avec personne, tout ça parce que celle-ci avait refusé d'y aller avec lui.

    Enfin vraiment, je vous pose la question : à moins d'être complètement désespérée, quel genre de fille pourrait aller au bal avec un ingrat, un connard, un bonnet de nuit et un beauf comme l'était Ron Weasley ? Je veux dire, en temps qu'ami, il était relativement sympa (la plupart du temps), mais vraiment, en temps que petit copain, je doute que l'on puisse espérer quelqu'un de pire... Enfin, moi je dis ça, je dis rien.

    Pour ce qui était de ma tenue, j'avais décidé de ne pas me prendre la tête et de récupérer ma cravate lilas et mon œillet, que j'allais foutre sur la robe de soirée que j'avais achetée pour l'occasion. Je repassai un coup de gel dans mes cheveux, et après avoir vérifié encore une fois que ma robe n'était pas froissée, je demandai à Sans son avis quant à ma tenue.

    - Tu ressembles comme deux gouttes d'eau au gars qu'Eden aime bien dans Gossip Girl, déclara-t-il. ...Je sais pas si c'est un compliment, mais voilà. (Il retint un rire.)

    De toutes façons, au vue de la tenue qu'il portait, il était mal placé pour se foutre de ma gueule. Non pas qu'il était moche ou ridicule, au contraire, mais vraiment, j'ignorai si le bandana était obligatoire pour un bal... M'enfin.

    Ron, lui, n'arrêtait pas de se plaindre de la robe qu'il portait : sa mère lui avait envoyé une espèce de robe couleur rouille, avec de la dentelle et des petits boutons avec ce qui me semblait être des fleurs. Oh, en fait, il était plutôt pas mal comme ça, et ça s'accordait joliment avec ses cheveux roux, mais Ron était convaincu d'être ridicule et d'avoir purement et simplement l'apparence d'une fille. À mes yeux, sa tenue était juste plus traditionnelle, mais il ne voulait rien entendre, et jalousait la robe de Harry, d'un vert assorti à ses yeux, que Mrs Weasley lui avait offerte.

    Vraiment, Mrs Weasley, offrir à un gamin random qui n'est pas de votre famille (mais qui comme par hasard se trouve être riche et célèbre) une robe cool et acheter pour votre fils un truc vieux et ridicule, en tous cas à ses yeux... Vous faites pas du tout de favoritisme envers Potter pour le grappinner en espérant qu'il finira par épouser votre fille (ou Ron lui-même; si ça se trouve), hein ?

    Enfin voilà. Dès que nous fûmes tous prêts, nous nous rendîmes dans le Hall d'entrée de Poudlard. Sans et moi fîmes un petit détour vers la salle commune de Poufsouffle pour aller chercher Papyrus et Eden, puis, tandis que Sans et Eden se rendaient déjà dans la Grande Salle, Papyrus et moi dûmes attendre avec les autres couples des champions. Je vis Harry faire des efforts considérables pour ne pas regarder Cho et Cedric. Fleur, elle, était avec Roger Davies, un Serdaigle en cinquième année qui paraissait ravi à l'idée d'être le cavalier de la Vélane. Viktor, quant à lui, tenait le bras à une jeune fille ravissante dans une robe bleue. Cependant, elle était de dos et je ne pouvais pas voir son visage. Elle finit par se retourner deux secondes, et je pus voir de qui il s'agissait.

    C'était Hermione Granger, plus belle et resplendissante que jamais. Je me demandai combien de temps elle avait du passer à se coiffer et à se maquiller, mais c'était réussi : elle était adorable, et certaines filles lui lançaient des regards peu agréables. Ah, la jalousie, vraiment...

    Enfin, les portes de la Grande Salle s'ouvrirent et nous pûmes entrer. Un dîner devait avoir lieu avant le bal, et c'était une bonne chose car sincèrement, je mourrais de faim. Normalement, j'aurais dû m'asseoir à une table réservée aux champions, mais ni moi ni Papyrus n'avions sincèrement envie de nous retrouver mêlés à la petite dispute qui risquait fort d'éclater entre Harry et Hermione, aussi suggérai-je de nous asseoir à côté de Sans et Eden, qui seraient toujours de meilleure compagnie.

    - Vous êtes très chics, tous les deux, commenta Eden en nous regardant. Chouette tenue, Pap'.

    - Merci ! C'est ma "tenue de combat", vois-tu ? Et c'est ce que j'ai de plus stylé, donc bon...

    - J'aime beaucoup. Franchement.

    - Au fait, vous savez comment on va bouffer ? interrogea Sans. Je crève de faim, et il est pas question que je danse sans avoir bouffé avant.

    Au même moment, Dumbledore se leva et nous dit que pour commander le plat que nous voulions, il suffisait de le demander à notre assiette. Et pour montrer l'exemple, il demanda un plat de côtes de porc (imaginez ça dit par Homer Simpson. Ça rend tout plus drôle et beauf. Et j'aime bien discréditer Dumby) qui apparurent aussitôt dans son assiette. Waw. C'est le futur, à Poudlard.

    Après avoir bien mangé, les champions et leurs cavaliers durent se lever... Génial. Et évidemment, la première danse allait être une putain de valse. Je hais tellement ma vie.

    Par chance, Papyrus dansait relativement bien et menait la danse. Je me laissai faire, attendant simplement d'entendre quelque chose un peu plus motivant. Dieu merci, les Bizarr'Sister eurent tôt fait d'arriver, et sauvèrent la soirée d'être un étron. Ils commencèrent par quelques chansons purement Wizard Rock, puis au bout d'un moment, je reconnus les accords de This ain't a scene, it's an arm race. Oh yes. Ça, c'est ce que j'appelle de la musique. Puis, au bout de quelques autres chansons, les Bizarr'Sister laissèrent leur place à nul autre que Mettaton. Honnêtement, la soirée devint d'un coup l'une des plus géniales que j'aie jamais vécues. Papyrus et moi dansions comme des malades, comme si chaque danse était la dernière de la soirée, et de toute évidence, nous n'étions pas les seuls. En dehors de Harry et Ron, tout le monde, profs y compris, s'amusait comme des malades.

    Le bal prit fin bien après minuit, sur un slow sur lequel je m'étais surpris à danser avec Papyrus. Putain, si on m'avait dit un jour que je danserais sur quelque chose d'aussi niais, j'aurais tué cette personne, je vous jure. Mais bon, il paraît qu'il n'y a que les idiots qui ne changent pas d'avis. Nous restâmes jusqu'à la fin du bal. Lorsque les Bizarr'Sister arrêtèrent de chanter, j'étais épuisé et essoufflé. Et puisque je suis bien con, j'avais chanté, en plus de danser. Je suis vraiment un putain de fanboy...

    - Ç'a été la meilleure nuit de ma vie ! lançai-je avant de pénétrer dans la salle commune de Serpentard.

    - Pour moi aussi, répondit Papyrus. Faudrait qu'on remette ça.

    Et avant même de faire attention à quoi que ce soit d'autre, je pris Papyrus dans les bras et posai pour la première fois mes lèvres sur les siennes.

    °oOo°

    ACTE V — La Seconde Tâche

    - Attends, tu veux dire que vous l'avez vraiment fait ? m'interrogea Eden quelques jours plus tard.

    - De quoi tu parles ?

    - Toi et Papyrus, vous avez...

    - Quoi ? Non, on s'est juste embrassés !

    - N'empêche, maintenant que vous sortez officiellement ensemble, j'ose espérer que vous irez plus loin le plus vite possible !

    - P'tain... Tu penses vraiment qu'à ça, hein ?

    - Jamais autre chose ! Sinon, dis-moi, l'énigme de l’œuf, t'as réussi à t'en dépatouiller ?

    - Non, chaque fois que je l'ouvre, j'entends juste des hurlements qui ressemblent à ceux des mandragores... Ça a peut-être un lien, mais bon, à part ça, c'est le néant absolu. Pourquoi ? T'as une idée ?

    Elle fit un "non" de la tête et s'adossa aux barrières du pont.

    - La tâche a lieu quand, déjà ?

    - Le 24 février, répondis-je. J'ai encore largement le temps, mais j'aimerais être sûr de moi et pouvoir me préparer, du coup.

    Pendant que nous discutions, j'entendis quelqu'un m'appeler. Aux grognements d'Eden, j'en déduis qu'il devait s'agir de Cedric. Je haussai les épaules et allai le rejoindre.

    - Asher...

    - Salut, Ced.

    - Huh... T-tu vas bien ?

    - Super, ouais. Merci, mais...

    - Dis-moi, Chris, est-ce que tu as réussi à résoudre l'énigme de l’œuf ?

    - Nan, toujours pas, d'ailleurs, j'étais en train d'en parler avec... (Je fis un signe de tête vers Eden.)

    - Je vois. Est-ce que le tien pousse aussi des cris quand tu l'ouvres ?

    - Ouais.

    - Alors, si je peux te donner un conseil... Tu as entendu parler de la salle de bain des préfets, n'est-ce pas ?

    - Euh, oui...

    - Eh bien... C'est pas un mauvais endroit pour un bain...

    - Euh, Cedric, tu sais... Je t'aime beaucoup. Vraiment, t'es cool, t'es beau, ça m'épate que toutes les filles de Poudlard ne soient pas à tes pieds, mais je... Enfin, je sors déjà avec Papyrus, et j'ai envie que ça marche entre nous, donc je vais pas commencer à...

    Tout en parlant, je me rendis compte à quel point j'étais ridicule. Cedric éclata de rire, et tout en reprenant ma teinte habituelle, je me mis également à rire.

    - T'inquiète, si j'essayais de te draguer, je m'y prendrais pas comme ça, assura Cedric tout en essayant de contenir son fou-rire. Mais juste... Prends l’œuf avec toi dans la salle de bain, et profites-en pour réfléchir un peu, hein. Voilà le mot de passe.

    Il me passa un bout de papier et partit. Au même moment, Eden courut vers moi.

    - Qu'est-ce qu'il voulait ? demanda-t-elle.

    - Je crois que je sais comment résoudre l'énigme, dis-je avec un grand sourire. Si tu permets, j'ai un bain à prendre !

    La salle de bain des préfets était un endroit absolument somptueux. Rien que pour y aller librement et sans craindre de me faire prendre par Rusard, j'aurais bien été foutu d'avoir une conduite exemplaire toute l'année en espérant être préfet à Serpentard l'année d'après. J'actionnai quelques robinets au hasard, et le bain fut rempli d'huiles essentielles à diverses odeurs enivrantes et de bulles colorées. Je me déshabillai et plongeai dans l'eau. Après m'être un peu détendu, j'ouvris l'oeuf de nouveau, mais comme d'habitude, celui-ci ne fit qu'hurler.

    - Putain, j'y arriverai jamais, soupirai-je.

    - À ta place, je le mettrai dans l'eau ! lança une voix aiguë.

    Je cherchai des yeux d'où pouvait provenir la voix, et me retrouvai face à un fantôme à l'apparence d'une fille d'environs quatorze ans. Ça devait être cette fameuse Mimi Geignarde...

    - Le mettre dans l'eau ? répétai-je.

    - Ouiiiii~ C'est ce qu'il a fait, l'autre jour... L'autre garçon... Le beau gosse... Cedric Diggory. Mais au fait, puis-je savoir qui tu es, toi ?~~~

    - Chris Asher, répondis-je. Maiiiiis je suis pas intéressé, excuse-moi... Du coup, faut que j'ouvre l’œuf dans l'eau ?

    - Oui ! Vas-y~

    Je me saisis de l’œuf, le plongeai dans l'eau et l'ouvrit, mettant également ma tête sous l'eau au passage. Une voix entêtante se mit alors à chanter une chanson, qui devait être l'indice en question...

    « Descends nous visiter et entends nos paroles
    Nous devons pour chanter être au-dessous du sol.
    À présent, réfléchis, exerce ton esprit,
    Ce qui t'est le plus cher, nous te l'avons ravi,
    Pendant une heure entière il te faudra chercher
    Si tu veux trouver ce qu'on t'a arraché.
    Après l'heure écoulée, renonce à tout espoir
    Tes efforts seront vains car il sera trop tard »

    Je sortis de l'eau quelques instants pour reprendre mon souffle, puis replongeai presque immédiatement pour réécouter la chanson plusieurs fois jusqu'à la connaître par cœur, et commencer à comprendre de quoi il en retournait.

    - Des sirènes... compris-je. Dis-moi, est-ce qu'il y a des sirènes, dans le Lac Noir ?

    - Ooooh, bravo ! Tu n'imagines même pas le temps que Cedric a mit pour trouver la réponse... Presque toutes les bulles avaient disparu...

    - ARGH ! R-reste loin de moi, et je te jure que si tu me mates alors que je suis nu, je te tue-- Ah nan, c'est vrai, je pourrai pas, t'es déjà morte...

    - MAIS BIEN SÛR ! MENAÇONS MIMI, PUIS RAPPELONS-LUI QU'ELLE EST MORTE, ÉVIDEMMENT ! hurla Mimi. ÇA NE VIENT JAMAIS À L'ESPRIT DE PERSONNE QUE MÊME SI JE SUIS MORTE, J'AI UNE SENSIBILITÉ, N'EST-CE PAS ?

    Et elle disparut dans un conduit. Bon débarras.

    - Bordel, mais quelle folle celle-là, soupirai-je en sortant du bain et en commençant à me rhabiller.

    Quelques instants plus tard, une fois séché et rhabillé, je quittai la salle de bain des préfets, l’œuf d'or dans mes mains. Il était encore tôt, par chance, aussi pus-je retourner dans la salle commune de Serpentard sans croiser Rusard ou Rogue. Encore heureux...

    Une fois dans la salle commune, je me mis à réfléchir sérieusement à tout cela. Au moins, maintenant, je savais que la deuxième tâche aurait lieu dans le Lac Noir, et que je devrai de toute évidence plonger pour rejoindre des sirènes... Génial, moi qui haïssais depuis toujours La Petite Sirène, c'était bien ma veine. À en croire les paroles, on allait aussi me prendre quelque chose, que je devrai aller chercher au fond de l'eau, et j'aurai pour cela une heure, et pas une minute de plus...

    Ce fut à ce  moment là que je percutai le problème dans cette histoire.

    Je ne pouvais pas respirer sous l'eau, et certainement pas pendant une heure, déjà que je n'avais plus de souffle au bout de dix secondes à peine. Mais il n'était évidemment pas question que j'abandonne aussi vite. J'allais bien finir par trouver une solution quelconque...

    J'allai poser l’œuf sur ma table de chevet, puis sortit aussitôt de la salle commune pour essayer de trouver Eden. À cette heure-ci, elle devait être en train de discuter avec Sans quelque part au pif. Je finis par les trouver dans le parc, comme je m'y attendais. Je leur racontai ce que j'avais découvert et demandai s'ils avaient la moindre solution pour respirer sous l'eau.

    - Huh... Y'a le sortilège de Têtenbulle, mais c'est vachement compliqué, il paraît, répondit Sans.

    - Sinon, le professeur Chourave nous a parlé de la Branchiflore, l'autre jour, fit remarquer Eden.

    - La Branchiflore ? répétai-je. C'est cette merde qui te fait pousser des organes de poisson ? Même pas en rêve, j'veux encore ressembler à quelque chose, putain ! Le truc de Tête de cul ou je sais pas quoi, ça sera très bien, finis-je par décider. Vous savez où j'peux trouver ça ?

    - Aucune idée, avoua Sans. J'te ferai signaler qu'on nous a pas faits bosser dessus... Mais je suppose que Papyrus sait comment s'y prendre, en sixième année ils connaissent forcément cette merde.

    - Okay, génial. J'vais le voir tout de suite, du coup !

    Ça me faisait toujours une bonne raison d'aller le voir. Enfin, c'est pas comme si on ne se voyait pas suffisamment ces derniers temps, mais le voir et lui parler me faisait toujours un bien fou.

    Comme à son habitude, Papyrus m'accueillit en criant presque, et aussitôt lui avais-je expliqué que je devais maîtriser le sortilège de Têtenbulle avant le 24 février, il déclara qu'il n'y avait personne de mieux placé que lui pour m'expliquer ce sortilège -sauf peut-être Undyne, lol-, et il m'entraîna en quatrième vitesse dans une salle à part dans laquelle je pourrai m'exercer à souhait.

    Le jour de la seconde tâche, j'étais fin prêt. Je maîtrisais le sortilège à la perfection, et je n'avais maintenant plus qu'à assurer, une fois de plus. Lorsque les profs vinrent me chercher, j'étais parfaitement serein. J'allais y arriver. Une fois sur l'estrade construite spécialement pour la tâche, je me changeai et enfilai un maillot de bain ainsi qu'un débardeur, une fois de plus aux couleurs de Serpentard, et je me mis en rang avec les autres, attendant le signal de départ. Comme d'habitude, Harry arriva en retard, probablement pour se faire remarquer encore un peu plus... Je levai les yeux au ciel et me préparai à me lancer le sortilège de Têtenbulle à la seconde même où l'on nous dirait de plonger, ce que je fis.

    Lorsque je me retrouvai dans l'eau, n'ayant pas à penser à ma respiration qui était tout à fait normale et naturelle, je me rendis simplement compte à quel point l'eau pouvait être glaciale. J'ignorai si les autres avaient le même ressenti, mais j'avais l'impression que j'allais geler sur place. Avec difficulté, je commençai à nager tant bien que mal. Au bout d'un long moment, je m'habituai enfin à la température de l'eau, et je n'avais plus qu'à me concentrer sur les rares Strangulots que je rencontrais. Trois fois rien. Souvent, je vérifiais sur ma montre le temps qu'il me restait. Jamais le temps n'avait été une telle contrainte pour moi. Même le délai de trois jours dans Zelda Majora's Mask était beaucoup moins stressant, car au moins, on pouvait remonter le temps, alors que là... Si je n'arrivai pas très vite, j'étais certainement foutu.

    Je me demandai où en étaient les autres. J'avais vaguement croisé Fleur dans un champ d'algues quelques minutes auparavant, et celle-ci semblait avoir eu quelques problèmes avec la faune régionale, mais bon, vous savez ce qu'on dit dans ce genre de situation, "chacun pour soi". Aussi avais-je simplement pensé qu'elle n'avait qu'à passer un sympathique moment avec les tentacules du calmar géant à hurler des "YAMETE KUDASAI" assourdis par le fait quelle se trouvait sous l'eau. J'allais pas me mêler de ses affaires. Il paraît que Harry Potter se veut féministe, eh bien dans ce cas, Fleur, débrouille-toi sans l'aide d'un homme !

    Bref. En dehors de Fleur, je n'avais croisé personne, et j'avais du mal à déterminer si Cedric, Harry et Viktor se trouvaient devant ou derrière moi. Fait iech.

    Enfin, au bout d'un temps qui me parût interminablement long -par chance, l'heure n'était pas encore tout à fait écoulée-, j'arrivai devant une espèce d'arche où cinq personnes semblaient être attachées. Je m'approchai un peu et reconnus Ron, Hermione, Cho Chang, une gamine blonde qui ressemblait un peu à Fleur et -je manquai d'avoir une attaque- Papyrus. Je nageai vers celui-ci et essayai de le réveiller, avant de comprendre qu'il allait falloir que je le remonte à la surface. J'entrepris aussitôt de délier les liens qui le retenaient prisonnier, et me dirigeai aussitôt à la surface avec lui. C'était pas si compliqué que ça, en fait...

    En sortant de l'eau, je remarquai que nous étions les premiers à être sortis de l'eau -si on ne comptait pas Fleur, qui avait visiblement dû déclarer forfait pour cette tâche-. Sous le coup de l'émotion, j'embrassai Papyrus, qui semblait avoir repris des couleurs. J'avais encore gagné.

    Cependant, d'après Dumbledore, j'étais tout de même sorti avec une minute de retard... Putain de montre pas à l'heure. Et puis, qu'est-ce qu'ils peuvent être pointilleux, à Poudlard, hein. Qu'est-ce que ça représente, sérieusement, une minute ? Je soupirai et remontai en haut de l'estrade, où je fus accueilli par Eden qui se jeta à mon cou.

    - Putain, Chris, t'as été génial ! Écoute pas les autres, l'important c'est que t'as fini premier ! J'suis tellement fière de toi !

    Je répondis par un petit sourire satisfait.

    Quelques temps plus tard, tous les autres champions furent sortis de l'eau. Apparemment, Saint Potter avait décidé de se la jouer Je-Suis-Le-Héros-Qui-Sauve-Tout-Le-Monde-Tavu, et pour bien représenter cela, en plus de sauver Ron -bon au moins, j'étais pas le seul à être homosexuel ici, c'était bon à savoir-, il avait aussi remonté à la surface la blonde, qui était effectivement la sœur de cette cruche de Fleur. Je priai pour que quelqu'un puisse me trouver une vidéo des ébats de cette dernière avec le calmar géant, d'ailleurs... Enfin bref.

    Mettaton annonça que j'étais -évidemment- le gagnant de cette tâche, suivi de près par Cedric. Cependant, étant donné que Saint Potter le Héros Élu de jesaispasqui avait voulu se la jouer une fois de plus et avait voulu secourir les autres et pas seulement son copain, il avait fallu que le jury s'accorde à lui donner la première place ex æquo, parce qu'il est tellement gentil et courageux, Harry, pas comme moi, hein...

    Et mon majeur, là, vous je voyez, hein ? Bordel de Nimbus 2000 à chiottes.

    - Au moins ils m'ont pas rétrogradé à la seconde place juste pour mettre uniquement Potter en avant, dis-je en essayant de ne pas avoir l'air trop amer par rapport à ce que je prenais soudain comme une défaite personnelle.

    Je ne l'aurais jamais cru, mais pourtant voilà : je prenais vraiment cette compétition à cœur. Probablement parce que depuis que j'étais devenu champion de Poudlard, j'avais eu l'impression d'être quelqu'un. De ne pas juste être un mec de Serpentard qu'il valait mieux éviter. De ne pas juste être le petit frère de Cole et le petit cousin d'Eden Asher, qui eux, avaient réussi à se faire "un nom" dans le milieu, si je puis m'exprimer ainsi. Et en participant à ce tournoi... C'était la première fois que j'avais eu l'impression de briller un minimum. Et je refusais d'abandonner si facilement la victoire.

    Pour "consolation", j'eus tout de même le droit à une petite séance d'embrassades avec Papyrus, suivie de l'expérience culinaire la plus étrange de toute ma vie. En fait, Papyrus s'était depuis quelques temps mis dans la tête de se mettre à la cuisine, et nous eûmes ce soir-là droit à son nouvel essai de plat de spaghettis. Eden prit une petite bouchée puis s'empressa d'aller aux toilettes, prétextant qu'elle avait ses règles, même si son dernier cycle s'était terminé quelques jours auparavant. Sans avait dû faire des efforts considérables pour ne rien recracher, à en voir sa tête. Moi, cependant, j'avalai les spaghettis avec appétit. Le goût était indescriptible, mais d'après Papyrus, mon expression était passionnée.

    - Putain... soupira Eden en me raccompagnant jusqu'à la salle commune de Serpentard, le visage encore pâle. Toi, t'es vraiment amoureux.

    - Et alors ? Toi, tu bouffes bien les hot-dogs de Sans. Tu lui as dit ce que tu ressens, au fait ?

    - N-non, reconnut-elle. Et alors ? Quel est le rapport, hein ? Tout c'que je peux dire, c'est que ces trucs sont immangeables...

    - Perso, j'ai bien aimé. C'est tout ce que je peux dire.

    - Ouais... Si tu le permets, je sors, déclara-t-elle. J'ai une petite "sortie" de prévue avec Sans, Harry et Hermione. Tu veux venir ?

    - Même pas en rêve, répondis-je. J'ai juste une envie, c'est de me branler devant un anime yuri puis d'hiberner jusqu'au jour de la troisième tâche !

    °oOo°

    ACTE VI — La Troisième Tâche

    Mes plans ne se passèrent hélas pas exactement de la même manière que ce que j'avais prévu. Le lendemain matin, Eden m'annonça qu'elle et Sans s'étaient enfin embrassés et que, "accessoirement", Barty Croupton, un mec du Ministère, un magnifique pourri qui du temps de la première guerre des sorciers avait envoyé un bon nombre de personnes à Azkaban sans jugement -y compris son propre fils, allez-y l'ambiance !-, bref quoi qu'il en soit, Croupton s'était fait tuer. Par qui ? Bonne question. Tout ce dont j'étais sûr, c'est que c'était Harry et Hermione qui avaient découvert le cadavre, mais ils n'avaient vu personne d'autre.

    Je vous jure, y'a pas d'endroit plus sûr dans l'univers entier que Poudlard. On est toujours en sécurité, dans cette école. Vraiment.

    M'enfin, de toute façon, je n'étais pas le seul à penser cela. Lorsque la nouvelle de la mort de Croupton s'était répandue, un grand nombre d'élèves s'inquiétaient quant à leur sécurité, se demandaient si Poudlard était toujours un endroit sûr, si ce qui était arrivé à Croupton risquait aussi de leur arriver... Le ministère avait tenté de minimiser cela et de dire qu'il s'agissait d'un accident, mais je n'étais pas dupe. Eden m'avait raconté que Harry lui avait dit que juste avant de trouver le corps de Croupton, il avait ressenti une violente douleur au niveau de cicatrice. Je ne savais pas exactement ce que cela voulait dire, mais nous étions tous convaincus que ce n'était pas une simple coïncidence.

    Cependant, je fis tout mon possible pour penser à autre chose, et tandis que la date de la troisième tâche se rapprochait inexorablement, mon esprit avait fini par se vider complètement de toute cette histoire de cicatrice. Il n'y avait plus que le tournoi qui comptait. Et j'avais bien l'intention de le remporter. J'étais le mieux placé. J'étais le favori. Si je perdais maintenant, c'est qu'il n'y avait vraiment de la justice que pour les petits crétins binoclards, chose qui m'aurait vraiment fait chier parmi tant d'autres.

    Quelques jours avant la troisième tâche, on nous annonça en quoi consisterait la tâche en question : un labyrinthe. Je manquai de m'évanouir de bonheur en entendant ça. C'était exactement le genre d'épreuves que j'avais toujours adoré, et pour lesquelles j'étais assez doué, enfin d'après moi, en tous cas. Après tout, retrouver son chemin dans un labyrinthe, une fois qu'on connaît la méthode, c'est particulièrement simple. Donc je n'aurais qu'à courir le plus vite possible pour en sortir le premier, ou je ne sais quel délire ils allaient encore nous trouver pour rendre la tâche plus attrayante pour l'audimat. Quoi qu'il en soit, j'étais convaincu que j'étais capable de gagner depuis un bon moment, mais là, c'était comme si la victoire courait vers moi à toute vitesse. J'allais gagner ce putain de tournoi. Et j'allais enfin être remarqué pour ce que j'étais vraiment, et pas pour mon entourage, la mauvaise réputation de mes notes ou les articles de Rita Skeeter.

    Et puis, enfin, ce fut le 24 juin. Les familles des champions, la mienne comprise dans le tas, du coup, avaient été invitées à regarder l'événement en direct, encore plus réel qu'à la télé. Je commençais à me demander si le but ne serait pas, par hasard, de nous entretuer jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'une seule personne en vie dans ce labyrinthe, j'vous jure.

    Par chance, je n'eus pas à faire face à mon père, qui avait pas mal de travail au MACUSA... Bon débarras. Cependant, mon grand frère avait pu se libérer, et ça me faisait assez chier comme ça... Du coup, je passai le plus clair du temps qu'il me restait à discuter avec Papyrus, Sans et Eden, à l'abris des regards.

    - Moi, franchement, j'ai hâte qu'on en ait fini avec tout ça, reconnut Eden. C'est trop agité pour moi... Mais vraiment, Chris, t'as de la chance. Non seulement tu vas te retrouver dans un putain de labyrinthe, mais en plus, t'auras pas à passer tes exam's.

    - J'aurais eu de la chance si j'étais en cinquième année et que j'avais pas à passer mes BUSEs, ouais, soupirai-je. Et pour le labyrinthe, tu pourras toujours aller te promener dedans dès qu'on en aura fini.

    - J'y manquerai pas. Sans, ça te tente ?

    - ...Mouais, on verra si j'serai réveillé d'ici là. Parce que ça peut s'éterniser, cette merde.

    - Bah, ça ira, de toute façon.

    Quelques minutes plus tard, je dus me rendre devant l'entrée du labyrinthe avec les autres champions. J'embrassai Papyrus, adressai un signe de la main à Sans et Eden, puis me dirigeait en chantonnant Seven Nation Army vers cette tâche qui, peu importait ce qu'il se passerait, serait la dernière. McGonagall nous expliqua qu'elle et d'autres profs patrouilleraient autour du labyrinthe, et que si l'un de nous venait à avoir un problème, on n'aurait qu'à lancer des étincelles rouges avec notre baguette pour déclarer forfait. C'est pas moi que vous alliez voir faire ça. Suite à cela, Mettaton, après avoir comme d'habitude accueilli ses spectateurs et téléspectateurs avec son panache habituel, nous rappela nos places actuelles -j'étais ex æquo avec Harry, devant Cedric, puis Viktor, puis enfin Fleur- et au bout d'un moment, Harry et moi pûmes enfin pénétrer dans le labyrinthe, avec une légère avance sur les autres. Je tournai aussitôt à gauche, et me mis à courir, tenant toujours une main contre une paroi du labyrinthe.

    Je rencontrai quelques bestioles, notamment un des Scroutts à Pétard de notre bon vieux Hagrid, et j'eus vite fait de leur montrer qui était le chef ici (je ne m'en sortis cependant pas tout à fait indemne, une griffure d'une créature m'ayant valu une magnifique déchirure sur mon T-shirt et une cicatrice plus ou moins esthétiques sur la joue. À ce rythme-là, j'allais ressembler à une version genderbent d'Osoro Shidesu avant d'avoir atteint le quart du labyrinthe...

    Bref. Au bout d'un moment, je finis par tomber sur une créature sympa et plutôt bonne, mi-femme mi-lion. Génial, un Sphinx, maintenant...

    - OK, quoi ? Vous allez me raconter une énigme, et si j'y réponds correctement, je peux passer, autrement vous me dévorez ?

    - C'est un peu ça, répondit la voix mystérieuse du sphinx. Alors, que penses-tu de ça ?

    - Allons-y, d'façon j'ai plus que ça à faire, l'autre chemin est trop long.

    - D'abord, pense au premier de ce qu'il faut apprendre.
    Lorsque qu'on ne sait rien à l'âge le plus tendre.
    Ensuite, dis-moi donc ce que fait par naissance
    Celui qui, au palais, a élu résidence.
    Enfin, pour découvrir la dernière donnée
    Il suffit de la prendre à la fin de l'année.
    Tu connaîtras ainsi la créature immonde
    Que tu n'embrasserais vraiment pour rien au monde.

    Il me fallut réécouter plusieurs fois l'énigme avant de percuter, mais au moins j'étais sûr de moi.

    - Araignée ? Même si bon, moi ça me gênerait pas plus que ça, hein. Vous me donnez dix mille Gallions et j'embrasse qui vous voulez.

    Mais bon, de toute façon l'important c'est que je pouvais passer. Plus ça allait, plus je me rapprochai du trophée et par conséquent, de la victoire.

    Et puis, enfin, cinq bonnes minutes plus tard, j'aperçus le trophée, bien posé en évidence sur un piédestal. Je courus vers lui à toute vitesse, avant de me rendre comte que je n'étais pas le seul cherchant à l'atteindre. Arrivant du côté opposé au mien, Harry et Cedric se battaient déjà pour se saisir du trophée. Bon, j'aurais pu me contenter de me dire que peu importe ce qu'il allait se passer, au moins ce serait Poudlard qui remporterait la victoire, maiiiiis je voulais gagner. Je redoublai mes efforts et courrai aussi vite que possible, contre le vent. J'arrivai devant le trophée en même temps que les deux autres. Nous nous regardâmes dans le blanc des yeux pendant un instant, comme dans un de ces vieux Western.

    - Prenez-le, lança Cedric au bout d'un court instant.

    - Vous déconnez ? Il est pas question que je l'ai dans de telles conditions ! m'énervai-je. Ced, Harry, battez-vous, je m'en bats les couilles de savoir lequel de vous l'a, mais allez-y, vous le méritez plus que moi.

    Je change d'avis comme de caleçon, je sais.

    - ...On le prend ensemble ? suggéra Harry. On est tous les trois à Poudlard, ça restera une victoire pour l'école...

    - Tu crois ? demanda Cedric.

    - C'est parfait ! m'exclamai-je.

    Lorsque nos regards se croisèrent une seconde fois, nous savions ce qu'il nous restait à faire.

     

    Nous nous saisîmes du trophée tous les trois au même moment. Dès que je l'attrapai, je ressentis la sensation propre au fait de prendre un Portoloin. Quelques instants plus tard, nous nous retrouvâmes tous les trois dans un endroit sombre que je ne reconnaissais pas, mais que j'identifiai comme un cimetière. C'était glauque, c'est le moins qu'on puisse dire.

    Je me levai et commençai à regarder les alentours.

    - C'est vraiment une superbe destination qu'on réserve aux gagnants, vous trouvez pas ? dis-je avec un petit rire amer. C'est quoi, ça ? Le lieu de tournage du prochain clip des Cures ?

    - Vous pensez que ça fait partie de l'épreuve, ça aussi ? demanda Cedric en sortant sa baguette.

    - Possible, admis-je. Et toi, Harry, qu'est-ce que t'en penses ?

    - J'en pense que... j'ai déjà vu cet endroit, répondit Harry. J'y suis déjà allé... Dans un de mes rêves... Argh ! Putain, c'est pas bon du tout... Chris, Cedric, retournez tout de suite au trophée !

    - Pourquoi ?

    Tout en disant cela, je me rapprochai instinctivement du trophée, juste au cas où Harry n'aurait pas juste été en train de délirer. On ne sait jamais, après tout, et j'avais pas envie de me mettre en danger pour lui non plus, que les choses soient claires.

    Soudain, des bruits de pas nous signalèrent que nous n'étions pas seuls. Harry se mit à hurler sous les coups de la douleur lui parvenant de sa cicatrice. Je reculai, ma baguette pointée sur la personne qui s'approchait de nous. Ce fut alors qu'une voix aiguë et glaciale prononça quelques mots, durs, aussi glacés et terrifiants que sa propre voix.

    - Tue les autres.

    Une autre voix, plus grave, prononça alors la dernière formule que j'avais envie d'entendre dans un moment pareil.

    - Avada Kedavra !

    Je regardai devant moi. L'éclair de lumière verte se dirigeait vers moi à toute vitesse. J'étais pris pour cible. Les yeux fermés, je me préparai au choc, et à ma mort prochaine. J'aurais tellement voulu mourir d'une manière plus héroïque et classe, ne pus-je m'empêcher de songer.

    Cependant, il n'y eut aucun choc. J'entendis cependant la voix de Harry crier à pleins poumons un nom qui n'était pas le mien. Non, quand-même pas... Je rouvris les yeux et vis alors Cedric, étendu à à peine un mètre de moi, ses yeux gris clair regardant sans voir un endroit vide. Putain, non... Pas lui... Pourquoi lui ? Pourquoi avait-il fallu qu'il se sacrifie pour quelqu'un comme moi...?

    Je m'effondrai sur le sol et fondis en larmes. Je n'avais même plus la force de crier. J'en avais juste marre de tout ça...

    Soudain, j'entendis la voix de Harry me hurler de retourner au trophée le plus vite possible. Je me retournai et le regardai.

    - ET QUE JE T'ABANDONNE ICI ? hurlai-je.

    - Préviens Dumbledore ! Dis-lui que je suis au cimetière des Jedusor, il comprendra !

    D'un coup, j'arrivai à me ressaisir. J'ignorai combien de temps j'allais tenir de la sorte, alors, m'accrochant au corps de Cedric d'une main, je tendis ma baguette vers le trophée et lançai un sortilège d'attraction.

    Lorsque je rouvris les yeux, j'étais de retour à l'entrée du labyrinthe. Des larmes recommencèrent à couler sur mes joues à peine eus-je entraperçu Cedric. Je m'accrochai à lui de toutes mes forces, refusant soudain sa mort. Je commençai à entendre des cris, mais je n'en n'avais plus rien à foutre. Je me contentai de pleurer toutes les larmes de mon corps, jusqu'à ce que mes yeux ne se mettent à me brûler et que je ne voies autour de moi que des silhouettes floues. Je reconnus cependant au milieu de tout le monde Dumbledore. Me souvenant de ce que Harry m'avait dit, je me mis alors à répéter incessamment le nom des Jedusor, le cimetière et le nom de Harry lui-même, jusqu'à ce que tout devienne noir autour de moi.

    °oOo°

    ACTE VII — Give me Novocaine

    Je me réveillai le lendemain matin avec une terrible migraine, et un sentiment de vide immense.

    - Ah, vous êtes enfin réveillé, mon garçon ? demanda Madame Pomfresh en vérifiant si je n'avais pas de fièvre ou je ne sais quoi. Mon pauvre petit, ç'a vraiment dû être une nuit éprouvante... Enfin, vos amis seront bien contents de vous voir réveillé...

    - I-ils sont venus me voir ? demandai-je tandis que les événements de la veille commençaient à me revenir en mémoire. ...C-comment va Harry ? me surpris-je à demander.

    - Mr Potter est en train de se remettre, tout comme vous. On ne peut pas dire que vous ayez passé une bonne nuit, tous les deux... Quelle folie, laisser des enfants comme eux participer à une telle horreur... Il suffit de voir ce qu'il est arrivé à Diggory pour...

    - E-et Cedric, alors ? demandai-je, même si je connaissais la réponse à ma question avant même de l'avoir posée.

    Madame Pomfresh me répondit par un regard qui voulait tout dire. Une fois de plus, je sentis des larmes me monter aux yeux. Je n'en pouvais sincèrement plus. Je voulais juste me libérer de mon amère migraine qui ne voulait plus m'abandonner. Physiquement, j'allais très bien, et j'aurais pu me lever tout de suite et reprendre les cours sans soucis. Mais mentalement, jamais je ne m'étais senti aussi mal. Je souffrais réellement, et je ne pouvais plus le supporter.

    Je vis que Pomfresh s'était absentée. Il n'y avait personne autour de moi. D'un coup, je me levai et me mis à fouiller dans les tiroirs de l'infirmerie normalement réservés à Pomfresh mais très faciles à braquer, jusqu'à ce que je repère et attrape ce que je voulais. De la drogue. Pas vraiment le genre de drogue qui te fait planer pendant des heures, juste du légal à condition d'utiliser les bons dosages et en admettant qu'on est malade, mais c'est déjà ça. J'avais juste besoin de quelque chose me permettant d'oublier tout ce qu'il s'était passé la veille. De quelque chose qui m'empêcherait de devenir complètement dépressif et de péter les plombs. De quelque chose capable de me détendre. Je me saisis d'une seringue et de quelques flacons sans faire attention aux notices d'utilisation, et retournai me coucher, cachant tout cela sous mes draps. Je commençai alors à remplir la seringue comme j'avais vu les septième années le faire à Ilvermorny, et commençai à m'en injecter, doucement. Très vite, je sentis toute la pression que j'avais accumulée disparaître dans l'air. Je ne souffrais plus. Je ne pleurais plus. Je ne sentais presque plus rien. Juste la sensation à la fois accablante et bienfaisante de la novocaïne se répandant en moi.

    Je ne m'étais jamais réellement drogué, contrairement à ce que j'aimais faire croire. Juste une fois, vite fait, en troisième année, entraîné par certains de mes camarades. Je n'en n'avais pas gardé beaucoup de souvenirs, juste que je m'étais rarement senti aussi bien qu'en prenant la marijuana qu'on m'avait refilé. C'était après cet événement, qui était remonté jusqu'aux oreilles de mon père, que j'avais été renvoyé d'Ilvermorny et que je m'étais retrouvé à Poudlard. Si j'avais su que je me retrouverai à me droguer sérieusement ici, à Poudlard... Si j'avais su jusqu'où toute cette maudite histoire de tournoi allait m'emmener...

    Les images et les sons tournaient encore et encore dans ma tête comme pour me torturer. Les hurlements de Harry. L'éclair de lumière verte. Cedric, gisant à mes pieds, mort... J'appuyai davantage sur la seringue. On m'avait dit plusieurs fois qu'à force de se droguer, on ne ressentait plus rien. Et c'était tout ce que je voulais expérimenter, à présent. Ne rien sentir. Ne plus penser à rien. Ne plus souffrir. Sortir de mon corps. Sortir de mon esprit.

    Au bout d'un moment, je commençais à aller mieux. J'avais un sentiment un peu bizarre, assez marrant, même. J'avais l'impression que tout allait bien. Une fois, un de mes amis à Thunderbird m'avait dit que c'était bien mieux que l'endroit où on était vraiment. Je voyais pourquoi il disait ça, maintenant. C'était vrai. Le sentiment de la novocaïne dans mon corps me faisait du bien comme rien auparavant. Enfin, si, peut-être d'embrasser Papyrus. Mais il n'était pas là pour l'instant, et j'avais besoin de me sentir bien tout de suite. Et pour l'instant, la novocaïne était mon unique échappatoire à la dépression et la souffrance que je ressentais.

    Je me sentais un peu comme Jesus of Suburbia dans la chanson Give me Novocaine. Ç'avait toujours été ma chanson préférée de l'album. Et en ce moment, je ressentais la même chose que ce que Billie Armstrong décrivait dans la chanson. L'équivalent d'un mal de dents pressant, mais dans l'esprit, et qui n'était sauvé que par le sentiment de la drogue. C'était la seule chose qui faisait en sorte que tout aille bien. C'était ma seule issue de secours. So give me novocaine. C'était mon appel au secours. Parce qu'au stade où j'en étais, il n'y avait que ça qui pouvait me sauver de ma douleur. Et à force d'injecter en moi cette drogue, je sentais que j'allais beaucoup mieux. Que je cessais de souffrir. Qu'à force, peut-être que j'allais finir par tout oublier et enfin pouvoir mener une vie plus ou moins normale, qui serait simplement rythmée par ma dépendance à la novocaïne et à toutes les autres drogues qu'on pouvait me refiler. Peut-être que j'allais aussi être viré de Poudlard, si on venait à apprendre ce que j'étais en train de faire en douce. Mais ça n'avait plus d'importance. Après tout, c'était parce que j'étais à Poudlard que j'étais dans cette situation. Si j'étais resté à Ilvermorny, rien de tout cela ne me serait arrivé. J'aurais pas vu un de mes amis se faire tuer. J'aurais pas à souffrir de la sorte. Tout ça, c'était parce que j'étais à Poudlard. C'était à cause de ça que je souffrais tant aujourd'hui, et que j'en étais réduit à m'injecter des substances probablement illégales dans mon état actuel, juste pour essayer de survivre et d'arrêter de souffrir.

    Combien de temps restai-je dans cette situation ? Aucune idée. Tout ce que je sais, c'est que je continuai de m'injecter le calmant jusqu'à ce qu'une fois de plus, tout ne devienne noir autour de moi et que je ne m'évanouisse complètement.

    Je fus réveillé quelques heures plus tard par Papyrus, dont la voix était étranglée par l'inquiétude. J'ouvris lentement les yeux et tentai de m'habituer à l'obscurité autour de moi, jusqu'à ce que j'arrive à discerner les silhouettes de mes amis. Lorsqu'ils virent que je commençai à me lever, Eden et Sans se prirent dans les bras, rassurés, et Papyrus me sauta presque au cou.

    - Chris, on a eu tellement peur... Lorsqu'on est allés te voir, t'étais complètement dans les vapes, et puis on a vu la seringue, et là, on a vraiment cru que t'étais... NE ME REFAIS JAMAIS ÇA !

    - Ouais, si tu pouvais éviter, ça serait pas plus mal, commenta Sans. T'as réussi à faire pleurer Papyrus comme un bébé...

    - PARDON ? Je ne pleurais pas, Sans ! Je ne pleure pas ! J'avais simplement attrapé quelque chose dans l’œil...

    - Je peux savoir ce que c'était ?

    - DES LARMES !

    Pour la première fois depuis quelques temps, un véritable sourire se dessina sur mes lèvres.

    - Putain, mais qu'est-ce qui t'as prit de faire ça ? interrogea Eden en s'asseyant à côté de moi. Tu nous as fait une peur bleue... C'est une veine qu'on ai vu ce que t'avais... D'après Madame Pomfresh, un tout petit plus de cette merde et tu ne te réveillais peut-être pas...

    - J'avais mes raisons, répondis-je sèchement.

    - Je sais... Ç'a dû être absolument horrible, l'autre soir... Mais de là à essayer de mettre ta vie en danger...

    - Mais qu'est-ce que tu crois, bordel ? J'essayais pas de me suicider, juste de... Juste d'aller mieux, par mes propres moyens.

    - T'as vraiment des drôles de moyens, toi... T'inquiète, ça finira par aller mieux...

    - C'est facile à dire, pour toi. C'est pas toi qui a vu tout ça. C'est pas toi qui était là, sur place, et qui était complètement impuissant... Comment va Harry, au fait ?

    - Plus ou moins bien... Il dit que Voldemort est revenu, et qu'il l'a affronté, et Dumbledore le croit... Moi aussi, d'ailleurs. Mais le Ministère a refusé de les croire.

    - Ça m'étonne même pas de ces fils de pute, soupira Sans. Mais l'important, là, c'est toi. T'es sûr que tout va bien ?

    - Physiquement ? J'suis un peu fatigué, mais ça va, je peux me lever, je vous assure. Mais moralement, plus ça va, plus j'ai l'impression que je vais craquer. Je... J'en peux tout simplement plus de tout ça. J'ai l'impression que si jamais je me lève, si j'accepte ce qu'il s'est passé... J'vais tenter de faire quelque chose de lâche. Bien pire qu'un simple soulagement par va savoir quelle drogue...

    - T'inquiète, lança Papyrus. Peu importe ce qu'il t'arrive, on sera là pour toi.

    J'esquissai un petit sourire, mais au fond, je me sentais vraiment mal, malgré tous les encouragements qu'on avait pu me donner... Mais j'avais tout de même l'intention de faire quelques efforts, histoire de faire au moins semblant d'aller un minimum bien...

    Au bout d'un moment, je me levai et quittai l'infirmerie malgré l'avis de Pomfresh. Je voulais juste aller loin de tout cela, et essayer de ne plus penser ce que je venais de faire et à ce qu'Eden m'avait dit. Est-ce que j'aurais vraiment pu finir par en mourir ? Est-ce que j'avais vraiment pris un tel risque ? Et pourquoi avait-il fallu que je me soit senti si heureux en prenant ce "risque" ? Je m'en voulais d'avoir été aussi naïf, d'avoir cru qu'après un peu de drogue, les choses iraient mieux. J'avais été tellement con...

    - Chris, ça va ? s'enquit soudain Papyrus.

    - Mouais, ça peut aller, répondis-je. J'ai juste l'impression que je vais craquer... Mais c'est bon, je devrais bien réussir à survivre.

    Il me caressa les cheveux et m'adressa un grand sourire.

    - T'inquiète. Tout va bien se passer.

    - Merci.

     

    Quelques jours plus tard, les élèves de Beauxbâtons et de Durmstrang quittèrent Poudlard, après quelques jours qui me parurent absolument cauchemardesques. J'aurais dû être heureux d'avoir enfin terminé ce putain de tournoi, d'avoir gagné. J'aurais dû me sentir empli de joie et d'un sentiment plus que victorieux. Mais chaque fois que je repensais à tout cela, il ne restait en moi qu'un goût amer en travers de la bouche. Alors vraiment, voir les Beauxbâtons et les Durmstrang partir, c'était pas plus mal. Dans quelques heures, nous aussi, les élèves de Poudlard, allions devoir quitter l'école pour rentrer chez nous pendant les vacances. Je ne m'en sentais pas la force, honnêtement.

    Depuis la mort de Cedric, j'étais anéanti. J'avais espéré que ça finirait par passer au bout de quelques jours, mais non seulement je me sentais toujours aussi mal, mais en plus, j'avais l'impression que tout était fait pour me rappeler sa mort. Pour me rappeler le tournoi. C'était épuisant, à force. Les seuls moments où j'avais l'impression d'aller mieux, c'était lorsque j'étais seul avec Papyrus, Sans et Eden. C'étaient les seuls moments où j'avais l'impression de redevenir fort et de récupérer ma détermination.

    Je regardai l'horizon en soupirant et augmentai le volume de mon MP3 pour ne pas entendre les joyeuses exclamations des autres élèves. Quelques temps plus tard, lorsque Sans, Eden et Papyrus se rapprochèrent de moi, je retirai mon casque et leur sourit du mieux que je le pouvais.

    - Tout va être différent, maintenant, soupira Eden. Et... Je sais pas si ce sera pour le mieux.

    - Peut-être pas, reconnus-je. Mais du moment qu'on reste ensemble, je pense qu'on devrait avoir la force de surmonter tout ça. Et j'ai pas peur de Vous-Savez-Qui.

    - Vous deux, au fait ! lança Eden en regardant alternativement Papyrus et Sans. Vous me promettez d'écrire aussi souvent que possible, hein ? Parce que deux mois sans vous, j'vais vraiment me faire chier.

    - Tu me demandes vraiment beaucoup de travail, tu t'en rends compte, j'espère ? lança Sans. J'sais même pas si je suis capable d'écrire une lettre...

    - Sans, pauvre con, soupira Papyrus. Enfin, ne vous en faites pas. Moi, le Grand Papyrus, j'écrirais toutes les lettres dont vous pourrez rêver ! Je spammerai les hiboux pendant toutes les vacances, ils n'auront pas une seconde de répit ! NYEH HEH HEH HEH HEH !

    Avec un petit rire, nous nous dirigeâmes alors vers le Poudlard Express, gardant le cœur léger malgré tout ce qu'il avait pu se passer. J'ignorai si les vacances allait bien se passer, mais je me sentais prêt à tout, même à mener une guerre complète. Voldemort pouvait arriver quand il le voulait, je serais prêt à l'affronter, à le détruire, à anéantir ses plans. J'étais déterminé à l'arrêter, et à venger Cedric. Et je ne le laisserai pas faire le moindre mal à quelqu'un d'autre.


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