• Celle-là n'était pas prévue au programme, elle m'est venue d'un coup, comme ça.

    Pas de lemon (je sais pas écrire les lemons yuri, sorry), mais je ferai de mon mieux pour que ce soit long, au moins.

    Ah, et gros spoilers de PMMM au début, donc si vous l'avez pas fini (à ce moment-là, je vous autorise à quitter immédiatement ce blog et putain, ALLEZ REGARDER CET ANIME, vous reviendrez après) et que vous lisez cette fic... Vous l'aurez dans le cul.

    Ah, et pas la peine de vous prévenir que ce sera nul, vous avez l'habitude, donc c'est la dernière fois que je le dis. /pan/

    .   .   .

    Madoka Kaname arriva au collège de Mitakihara un peu en retard par rapport aux autres élèves, comme d'habitude. Cela faisait un moment que je la surveillais, chaque jour. J'avais bouclé un nombre incalculable de lignes de temps différentes uniquement pour la sauver... Et je ne pouvais pas me permettre d'échouer, cette fois-ci. Mon plan était parfait. J'allais sauver Madoka. Kyubey n'aurait pas la possibilité de l'atteindre. Et ainsi, jamais elle ne deviendrait une Puella Magi. Et s'il le fallait, je vaincrai la Walpurgis Night à moi toute seule.

    Je regardai les deux filles avec qui Madoka était en train de discuter sur le chemin de l'école. Hitomi Shizuki, une fille relativement banale, mais extrêmement collante, et Sayaka Miki, qui non contente d'être la meilleure amie de Madoka, avait été la cause d'un certain nombre de mes échecs dans des lignes de temps différentes, étant donné que chaque maudite fois où elle devenait une Puella Magi, elle finissait automatiquement par se transformer en sorcière tôt ou tard... Si je voulais sauver Madoka, il fallait que je les écarte d'elle à tout prix. Je n'avais jamais voulu en arriver à ce cas de figure, mais elles représentaient des dangers pour Madoka et pour mon plan.

    Et puis, ce n'était pas tout... Madoka était spéciale. Dans tous les sens du terme, c'était une fille incroyable. La première personne à qui j'avais pu me confier alors que j'étais encore timide et inexpérimentée. Si j'avais décidé de la sauver elle et pas une autre, ce n'était pas juste pour un simple lien d'amitié. À mes yeux, elle était tellement plus qu'une amie... Et ces autres filles, avec qui elle traînait sans arrêt, elles, ne ressentaient certainement pas la même chose envers elle.

    Elle n'aimaient pas Madoka comme je l'aimais. Alors, si je devais verser un peu de leur sang, au nom de la sauvegarde de Madoka Kaname, je ne m'en voudrais pas. Personne ne pourrait m'en vouloir pour cela.

    La cloche du collège retentit, et je me dirigeais vers ma salle de classe, où j'allais me présenter devant les élèves de la classe et rencontrer Madoka une énième fois. J'avais seulement envie de la prendre dans mes bras, de lui dire tout ce que j'avais sur le cœur, de lui faire part de mes craintes et de mes sentiments... Mais hélas, j'en étais incapable. J'en avais fait les frais lors d'une de mes premières tentatives, et je ne voulais surtout pas faire tout rater à cause d'une erreur grossière. Je me contentai de me rendre en classe, quelques ustensiles qui allaient m'être nécessaires cachés sous ma jupe pour la seconde même où les cours du matin prendraient fin.

    Je devais réussir.

    Les cours se passèrent normalement. J'avais tellement l'habitude de revivre cette première journée encore et encore que je commençais à sincèrement en avoir assez. Mais si je voulais que les choses avancent, avant toute chose, je devais sauver Madoka. Et pour cela, j'étais prête à tout. Au bout de quelques heures, la cloche retentit, marquant la pose pour notre déjeuner.

    Je vis Hitomi se diriger vers les toilettes des filles. Je la suivis discrètement et attendis qu'elle ne sorte de sa cabine. À peine en fut-elle sortie que je me mis en travers de son chemin, lui bloquant son unique sortie. Je la dévisageai d'un air sombre.

    - A... Akemi-san, qu'est-ce que tu fais ici ?

    Un petit sourire se dessina sur mon visage.

    - Shizuki, est-ce que tu tiens à Madoka ? demandai-je d'un ton calme.

    - H-hein ? Mais pourquoi tu me demandes ça, Akemi ?

    - Si tu es son amie, si tu tiens à elle, alors tu pourras comprendre pourquoi je tiens à la sauver coûte que coûte.

    - Mais quel est le rapport entre...

    - Tu mets Madoka en danger. Et tu te mets en travers de ma route... Et c'est quelque chose que je ne peux pas tolérer.

    D'un geste, je sortis un couteau de sous ma jupe, et avant que Shizuki n'ait eu le temps de faire le moindre pas, je plantai mon couteau dans son ventre, l'attrapant et la tenant par les cheveux pour faire durer le plaisir et continuer d'enfoncer mon couteau de plus en plus profondément, tandis que ma victime poussait un dernier cri d'agonie.

    Lorsque je me lassai et que je fus convaincue que Hitomi était bien morte, je sortis mon couteau comme si de rien n'était, et entreprit de laver le sang qui coulait sur mes mains avant de passer à la suite, ce que je fis. J'aurais bien voulu pouvoir nettoyer également mon uniforme, mais en voyant Sayaka Miki passer à quelques mètres de moi, je décidai que je pourrais m'en passer. Je m'assurai qu'elle était bien seule et me dirigeais vers elle dans le plus grand des calmes, sans laisser transparaître la moindre émotion.

    - Akemi...? Qu'est-ce que tu fous ici ? demanda-t-elle

    - Sayaka Miki, est-ce que tu sais garder un secret, dis-moi ? J'ai quelque chose à te dire, une chose que je ne peux révéler qu'à toi...

    Elle eut un mouvement de recul, mais je me saisis de son bras, l'empêchant de partir.

    - Et tu as intérêt à le garder pour toi, autrement, tu le regretteras... Écoute, je vais te montrer tout de suite de quoi il s'agit, et au moins, je serais sûre que tu ne le répétera pas.

    Je l'attrapai, lui mettant une main sur la bouche pour être sûre qu'elle ne dise rien, et la conduisit de force dans les toilettes des filles, où le corps d'Hitomi gisait toujours. Je sentis le pouls de Sayaka monter d'un coup, et elle poussa un cri qui fut étouffé par ma main.

    - Bien, dis-je. Maintenant, je vais pouvoir te montrer quel est mon secret.

    Je plantai de sang froid mon couteau dans sa gorge, l'empêchant toujours de crier de mon autre main.

    - Tu sais ce qu'on dit, n'est-ce pas ? Deux personnes peuvent garder un secret, si l'une d'entre elle est morte.

    Je regardai l'heure. La fin de la pause approchait. Je poussai un petit soupir. Je n'avais pas vraiment envie d'utiliser mon pouvoir pour cela, mais de toute évidence, si je voulais tout faire aujourd'hui, je n'avais pas le choix. Je sortis ma Soul Gem et me transformais en Puella Magi afin de me saisir de mon bouclier et d'arrêter le temps. J'attrapai ensuite les corps d'Hitomi et de Sayaka, et les mis dans l'incinérateur le plus proche, que j'actionné avec satisfaction. Maintenant, je devais aller chercher Madoka...

    Je repris mon apparence de collégienne et me mis à la chercher. Je finis par la trouver au détour d'un couloir. J'avais encore un peu de temps...

    - Huh... Homura-chan ? demanda-t-elle timidement. Tu n'aurais pas vu Sayaka et Hitomi ? Je les cherche partout, mais...

    - Non, je ne sais pas où elles sont, mentis-je avec froideur. Madoka, tu voudrais bien me suivre un instant ? Ça ne sera pas long, je t'assure.

    - D...D'accord...

    Elle me suivit jusqu'à une pièce vide, qui ne contenait qu'une malle que j'avais placée là quelques heures auparavant.

    - Ho-Homura, pourquoi est-ce que tu m'as emmenée ici...? Homura ?

    Je fermai la porte à clefs et attrapai Madoka avec force, ne lui laissant aucun moyen pour se libérer de ma prise.

    - Je suis désolée, Madoka, mais c'est pour ton bien...

    Je sortis de ma poche une piqûre que j'avais remplie de tranquillisants, et commencer à les injecter en Madoka, qui tenta de se débattre, en vain. Au bout de quelques secondes à peine, les tranquillisants firent effet, et Madoka s'endormit. Satisfaite, je la déposai dans la malle et verrouillai le cadenas avant de retourner en cours.

    Tout était en place pour le soir-même.

    ~   ~   ~

    Je me réveillai avec difficulté. J'étais complètement engourdie, et en ouvrant les yeux, je me rendis compte que je voyais flou. Tremblant comme une feuille, je tentai de me lever, mais je me rendis alors compte que j'étais attachée à une chaise, pieds et poings liés. Tout autour de moi était très sombre, et je n'arrivai même pas à déterminer l'endroit dans lequel je me trouvais. On aurait dit une sorte de cave... Ce fut seulement à ce moment-là que je me rendis compte que j'étais prisonnière. Mais qui ? Et pourquoi ? Mes souvenirs étaient brumeux, mais j'essayais de les faire remonter dans ma mémoire tout en me débattant, espérant vainement que mes liens finiraient par céder.

    J'essayai de crier au secours, d'appeler quelqu'un, n'importe qui, espérant que quelqu'un finirait par m'entendre, mais aucun mot ne sortit de ma bouche. J'étais tétanisée par la peur.

    Ce fut alors que j'entendis des bruits de pas au-dessus de moi. Quelqu'un était en train de descendre les marches d'un hypothétique escalier. Serrant les dents, je me débattis de plus belle, mais j'arrivais à peine à bouger. Les pas se rapprochaient. Je me débattis encore plus. Rien ne se passa. Condamnée, je me consentis à attendre l'arrivée de mon kidnappeur.

    La lumière s'alluma sur une jeune fille aux cheveux noirs dansants derrière elle et aux yeux d'améthyste. Une fille au regard froid et mystérieux, que j'aurais pu reconnaître entre mille. C'était la fille de mon rêve. C'était Homura Akemi, la nouvelle élève. Mais que venait-elle faire ici ? Étais-ce elle qui...

    D'un coup, la plupart de mes souvenirs remontèrent. Homura était en effet la dernière personne que j'avais croisée... Je me souvins de la brutalité dans la manière par laquelle elle se saisit de moi, m'immobilisant, et en profitant probablement pour me droguer. Mais pourquoi avait-elle fait ça ? Qu'est-ce qui avait bien pu lui prendre ? Avait-elle au moins la moindre raison de faire cela ? Et pourquoi s'en prenait-elle à moi ? Pourquoi, depuis son arrivée, semblait-elle faire une fixette sur moi ? Déjà pendant les cours le matin, j'avais remarqué qu'elle me guettait.

    J'avais envie de m'échapper, mais j'étais prisonnière. Et quand bien-même je me serais enfuie, j'eus l'étrange impression qu'elle m'aurait rattrapée, encore et encore. Je vis briller dans ses yeux une lueur de folie.

    - Tu es enfin réveillée, fit-elle remarquer. C'est une bonne chose.

    Elle s'approcha de moi  et attrapa une de mes mains ligotées, collant son visage contre ma poitrine.

    - J'aime tellement te sentir respirer... souffla-t-elle avant que j'ai pu dire le moindre mot. Cette fois, je jure que tu ne pourras pas m'échapper... Est-ce que tu as faim ? continua-t-elle en se relevant comme si de rien n'était.

    J'étais choquée, aussi bien par ses gestes que par sa nonchalance à me poser une question si basique. Je fus incapable de répondre, et me contentai de la regarder, horrifiée, essayant de comprendre ce qu'elle me voulait exactement.

    - Tout va bien, Madoka ? interrogea-t-elle. Tu es très pâle.

    - P... Pourquoi tu me fais ça ? Est-ce que tu veux me tuer ? demandai-je.

    Elle parut scandalisée. Comme si la simple idée de me faire du mal ou de me tuer la répugnait. Mais alors, pourquoi me gardait-elle ici ?

    - Si je fais ça, sache que c'est uniquement pour ton bien, Madoka, tu peux me croire sur parole.

    Je tressaillis. Pour mon bien... Comment pouvait-on souhaiter le bien d'une personne en enfermant cette personne dans une cave et en la ligotant à une chaise ? Je me souvins de la réaction que Sayaka avait eue en voyant cette fille pour la première fois. Elle était convaincue que Homura était folle. Au fond, elle devait probablement avoir raison...

    Sayaka... Je commençai à me dire que Homura devait être liée à sa disparition, et également à celle d'Hitomi. Peut-être étaient-elles là, quelque part ?

    - Et Sayaka et Hitomi ? demandai-je soudain. Elles aussi, tu les a enfermées dans des salles comme celle-là ?

    La réaction d'Homura fut différente de celle que j'avais prévue. Elle éclata d'un rire froid, cruel, plutôt teinté de sadisme que d'un réel amusement. Mais qu'est-ce qui lui prenait ? Elle n'avait quand-même pas pu...

    - Elles étaient en travers de ma route, Madoka. Elles te mettaient en danger de mort. Je n'avais pas le choix. Si je voulais que tout fonctionne, je devais me débarrasser d'elles, j'espère que tu comprends.

    Elle avait dit tout ça avec un sourire malsain, comme si elle pensait qu'il s'agissait de quelque chose de normal et d'anodin.

    - Comprendre quoi ? Tu as tué mes meilleures amies et tu veux que je comprenne quoi que ce soit ? Tu... Tu es horrible ! La seule personne à me mettre en danger ici, c'est toi ! criai-je. RESTE LOIN DE MOI ! LAISSE-MOI SORTIR D'ICI, MAINTENANT !

    Je fondis en larmes tandis que je parlais. Que quelqu'un m'entende... Que quelqu'un me trouve et me libère... Je vous en prie... Je suis là, enfermée sous terre...

    - Même si je le voulais, je ne pourrais pas te laisser sortir, Madoka, déclara froidement Homura. Ici, au moins, tu es en sécurité, et rien de mal ne pourra t'arriver. Ici, Kyubey ne pourra pas t'atteindre...

    - Qui, c'est, ce Kyubey ? demandai-je, mes yeux brûlant sous les larmes qui continuaient de couler sur mes joues.

    - Ça n'a pas d'importance. Tout ce qui compte, c'est qu'ici, il ne te trouvera pas. Personne ne te trouvera, jamais.

    Soudain, elle se radoucit quelque peu et me regarda avec une sorte de compassion.

    - Ne t'en fais pas, je ne te garderai pas ici pour toujours. Dans une semaine, la Walpurgis Night sera passée, et tu n'encourras plus aucun danger. Alors, seulement, je te laisserai partir.

    - Mais quelle est la différence entre aujourd'hui et la semaine prochaine ? Homura, je t'en supplie, laisse-moi sortir...

    - Comme si j'allais finir par t'écouter et te laisser, Madoka. Cette fois-ci, je jure que je ne faillirai pas. Que tu le veuilles ou non, je te sauverai de ton destin... Même si pour cela on doit rester dans cette cave pour toujours.

    Je n'écoutai même plus, et me remis à pleurer de plus belle. Je n'en pouvais plus. C'était trop dur pour moi. C'était bien plus que ce que je ne pouvais en supporter... Soudain, je me pris à haïr Homura Akemi plus que quiconque sur cette planète. En quelques heures, elle m'avait tout pris. Mes amies, mes rêves, ma liberté...

    Je me pris soudain à songer à ma famille, chose que j'avais préféré ne même pas imaginer pendant tout ce temps. Ils devaient tous s'inquiéter horriblement pour moi. J'ignorai quelle heure il pouvait bien être, mais il était clair qu'étant donné que je n'étais pas rentrée à la maison sans donner la moindre explication, sans compter le fait que je ne m'étais pas montrée aux cours de l'après-midi... Ils devaient tous se faire un sang d'encre pour moi, tout ça par la faute de cette Homura...

    Lorsque je relevai la tête, quelques minutes plus tard, je remarquai que la lumière était éteinte, et que Homura était partie. Maintenant que j'avais retrouvé mes forces, j'essayai de nouveau de me débattre, plus fort que jamais, mais malgré tous mes efforts, rien ne se passa. Au bout d'un moment, je finis par abandonner.

    J'étais à bout. J'étais seule. Je n'avais plus le moindre espoir. À quoi bon se battre, après tout ? Homura était plus forte que moi. Si elle voulait me retenir ici, elle le pouvait, sans aucun doute. Il valait mieux que j'abandonne tout de suite... Je sentis de nouveau des larmes couler sur mes joues, tandis que je me sentais peu à peu sombrer dans le désespoir le plus profond...

    Et puis, soudain, j'entendis la porte s'ouvrir en trombes. Je n'avais même pas la force d'ouvrir les yeux, alors, je me contentai d'écouter parler deux voix que je n'avais jamais entendues auparavant.

    - C'est de là que venait la force magique... Cette fille ! lança une petite voix aiguë.

    - Et la sorcière est proche, elle aussi, lança dans un soupir une voix féminine douce, qui en paraissait presque sucrée. Ne t'en fais pas, tout va bien se passer...

    La voix sembla s'adresser à moi. Je levai la tête et fit un effort pour ouvrir mes yeux. Je pus apercevoir alors une jeune fille qui paraissait un peu plus âgée que moi, avec des cheveux blonds bouclés et des yeux dorés. Elle portait une tenue étrange composée entre autre d'une jupe jaune, de longues chaussettes violettes, de bottes et d'un corset au style Steampunk sur une chemise à manches ballons courtes. Elle souriait avec douceur, et je me sentis immédiatement apaisée par sa présence.

    - Mami, fais vite ! lança l'autre voix, qui semblait venir d'une étrange créature blanche aux yeux roses. Soit tu affrontes la sorcière tout de suite, soit tu sauves la petite, mais fais ton choix avant que la sorcière ne s'empare d'elle !

    La dénommée Mami acquiesça et courut vers moi aussi vite qu'elle le pouvait, avant de briser mes liens. Je la regardai faire, sidérée.

    - Comment vous... Qui êtes-vous, et comment... ? commençai-je.

    - Pas le temps de tout t'expliquer, on en parlera plus tard. Pour l'instant, il faut te faire sortir d'ici, tant que l'autre Puella Magi est sortie... C'est le moment où jamais... Suis-moi, vite. Je suis désolée, Kyubey, mais la sorcière devra attendre un autre jour.

    - Mais... Pourquoi est-ce que tu me sauves...? demandai-je.

    - C'est mon travail de sauver les innocents, en quelques sortes. Sans compter que toi, tu es spéciale... Mais comme je te l'ai dit, on en parlera plus tard. Prends ma main, et allons nous en. Enfin... Sauf si tu préfères rester enfermée ici, évidemment...

    J'attrapai la main de mon interlocutrice sans hésiter une seule seconde. Celle-ci se saisit de la petite créature, qu'elle déposa sur son épaule, et nous nous dirigeâmes hors de la cave, puis de la porte d'entrée. Enfin, j'allais quitter ce maudit endroit... J'avais l'impression d'y avoir été enfermée pendant des semaines entières. Ces quelques heures avaient été les plus horribles de ma vie.

    - Je m'appelle Mami Tomoe, se présenta la jolie blonde tandis que nous traversions la maison. Et je suis une Puella Magi... Une fille chargée de se battre contre les sorcières qui sèment le mal et le désespoir dans notre monde... Et d'après Kyubey, tu as de chances d'en devenir une, toi aussi.

    Kyubey.

    Je regardai la petite créature quelques instants. C'était donc lui, le monstre dont Homura voulait me défendre ? Plus j'y repensais, plus j'étais convaincue que Homura était effectivement la "méchante" de cette histoire.

    Enfin, nous traversâmes la porte et sortîmes. Je pris une grande bouffée d'air frais tout en continuant à courir. Jamais de toute ma vie je n'avais été aussi heureuse de me trouver dehors. Nous courûmes ainsi sur une bonne centaine de mètres, lorsque soudain, Mami s'arrêta net. Je regardai ce qui nous bloquait le passage, et poussai un cri horrifié.

    Homura se tenait droite devant nous, un rictus sur son visage déformé par la folie.

    - Tu es plus audacieuse que je ne le croyais, Mami Tomoe, déclara-t-elle. Je n'aurais jamais cru que tu irais jusque-là pour que Madoka rejoigne ton camp. Mais cette fois, je t'arrêterai. Tu n'as aucune chance face à moi.

    - Tu m'as l'air bien sûre de toi, Akemi. Aucune de nous ne peut décider du sort de Madoka... Tu ne joues pas selon les règles.

    - Les règles, répéta Homura. J'ai joué selon les règles pendant trop longtemps. J'ai perdu assez souvent pour savoir comment je pourrai gagner, cette fois-ci !

    La lame de son couteau brillait dans la nuit noire. Nous étions les seules ici. Personne ne pourrait nous sauver. Personne ne pourrait nous débarrasser d'Homura...

    - Madoka ! me lança discrètement Kyubey. Il faut que tu deviennes une Puella Magi, autrement, tu ne pourras jamais faire face à Homura et aider Mami !

    - Mais comment tu veux que je...

    - Formule un souhait ! Celui que tu veux ! Il sera exaucé, et en échange, tu deviendras une Puella Magi !

    Tout cela arrivait tellement vite... Bien trop vite pour moi... D'un coup, Homura se transforma et brandit un revolver en direction de la tête de Mami. Celle-ci réagit au quart de tour et la ligota avec des centaines de rubans jaunes sortis de nulle part, dont Homura se libéra presque aussitôt.

    - Madoka, dépêche-toi ! cria Kyubey.

    Homura changea de cible, et se mit à tirer sur Kyubey de toutes ses forces, laissant à Mami une occasion sans pareille pour la tuer. Je retins un hurlement d'horreur en voyant Kyubey criblé de balles, mais celui-ci ne semblait pas s'en soucier. Et puis, d'un coup, ses blessures disparurent sans laisser la moindre trace. Mami profita alors de la surprise d'Homura pour assommer celle-ci.

    - Tu aurais du la tuer, dis-je, à bout de souffle.

    - Tu es sous le choc, déclara Mami. Si tu étais dans ton état normal, tu ne le dirais pas. Elle reste un être humain. Je préfère ne pas faire de dégâts tant que je peux l'éviter... Maintenant, viens vite, je te raccompagne chez toi.

    J’acquiesçai, et je repris la main de Mami en souriant, tandis que celle-ci récupérait Kyubey, qui semblait en pleine forme. Je regardai Mami avec une sorte d'admiration, peut-être même plus que cela. C'était sûrement la fille la plus extraordinaire que j'avais rencontrée jusqu'alors. Je me sentais tellement rassurée, auprès d'elle... J'avais l'impression que plus rien ne pouvait m'arriver, que j'étais en sécurité.

    Soudain, une explosion brisa le calme de la nuit. Je poussai une exclamation de surprise effrayée, et je lançai un regard à Mami. Celle-ci avait pris une expression de surprise tordue par la douleur, et s'effondra au sol, d'un coup, sa tenue de Puella Magi redevenant celle d'une collégienne normale. Je me jetai sur le sol et tentai de la réanimer, mais en vain. Ses yeux d'ambre me regardaient sans me voir, sa bouche encore entrouverte sous le coup de la surprise. Je sentis mon estomac se tordre, et une fois de plus, des larmes coulèrent sur mes joues.

    - Non... NON ! criai-je en sanglotant. AU SECOURS ! Que quelqu'un me vienne en aide... J'en peux plus...

    Je me retournai et regardai Homura, dont le pistolet encore fumant était toujours pointé vers l'endroit où se tenait Mami quelques instants plus tard.

    - POURQUOI TU AS FAIT ÇA ? hurlai-je. Espèce de monstre ! Et encore, ils doivent se sentir insultés... Tu es la pire ordure de toute la planète... NE T'APPROCHE PAS DE MOI !

    - Tu es trop bête, déclara Homura. Elle voulait juste que tu deviennes une Puella Magi... Elle voulait juste te voler ton cœur et ton âme, alors que moi, je serais prête à te les donner !

    Elle courut vers moi et me prit dans ses bras en fondant en larmes.

    - Madoka... Tu ne comprends pas que je fais tout ça pour toi ? Je veux te protéger, je veux te sauver ! Madoka, je...

    Elle resserra encore son emprise sur moi et avant que je n'ai pu faire le moindre geste, posa ses lèvres sur les miennes et m'embrassa. Sa salive était pour moi comme du venin. Je la repoussai et me libérai de son emprise, répugnée.

    - Lâche-moi, ordonnai-je avec une dureté que je n'avais jamais entendue sortir de ma voix. Lâche-moi tout de suite, et ne t'approche plus jamais de moi.

    Furieuse, je me levai et le regardai de haut.

    - Je ne veux plus jamais te voir, je ne veux plus jamais que tu ne m'approches... Si je te recroise un jour, je jure que je ferai n'importe quel vœu pour que Kyubey fasse de moi une Puella Magi, et je te tuerai. Maintenant, tu es avertie... Sors de ma vie.

    Je câlinai la tête de Kyubey et repris la route de ma maison, laissant à tout jamais Homura derrière moi. J'avais vraiment besoin de soutien émotionnel, à présent.

    ~   ~   ~

    Désemparée, des larmes ruisselant sur mon visage, je regardai Madoka partir en courant dans le noir de la nuit uniquement illuminée par la faible lueur de la lune. J'avais encore tout fait rater... Cette fois-ci peut-être encore plus que toutes les autres fois où j'avais essayé de sauver Madoka. Parce que cette fois, la seule chose que j'avais vraiment réussi à faire, c'était de me faire haïr de celle que j'ai toujours vu comme ma meilleure amie, voire même tellement plus que cela...

    Kyubey partit lui aussi de son côté. J'étais seule. Allongée sur le sol, roulée en boule, je laissai mes sanglots couler encore et encore, tapant du poing sur le sol. Pourquoi avais-je réagi aussi mal ? Pourquoi est-ce que chaque fois que je trouvais enfin une bonne solution, il fallait que je rate tout ?

    Je me saisis de mon bouclier et, après une demi-seconde d'hésitation, je commençai une énième boucle temporelle.

    Il ne s'agissait plus que de sauver Madoka, à présent. Je voulais à tout prix qu'elle m'aime comme je l'aimais. Et si pour cela, je ne pouvais pas la forcer ou l'influencer, il fallait au moins que nous partions sur de bonnes bases. J'allais tout reprendre à zéro une fois de plus... Car c'était la seule chose qui me tenait en vie.

    Quoi qu'il arrive, je la sauverai, d'une manière ou d'une autre.


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